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THE NATIONAL - Revue de presse

Presse pour "Sad Songs For Dirty Lovers"

- Libération - Les Inrockuptibles - Magic - Chronicart - Compact - Nova Mag - Soit Dit En Passant - Newcomer - Popingays - Novaplanet - Pinkushion - Foutraque - Autres Directions - A Voir A Lire.com - Clarknova - Pop News - Start Up - Nouvelle Vague - Froggy's Delight - Abus Dangereux - De L'Air - X Rock - TGV Mag -

>>LIBERATION - "Sad Songs For Dirty Lovers" albums de l'année 2003

 

- "Eloge du deuxième album d'un outsider new-yorkais flamboyant". par Bayon

 

 

(cliquer sur l'image pour agrandir)

 

 

 

>>Les Inrockuptibles

Toute l'élégance du rock new-yorkais: lettré, désabusé et indémodable.

S'ils paraissent sourds aux déflagrations qui secouent la scène new-yorkaise, ces musiciens de Brooklyn - épaulés par deux membres des épatants Clogs - sont en tout cas dotés de très belles paires d'oreilles. Comment expliquer autrement le pouvoir de séduction de ces fins lettrés qui, trempant leur plume dans des encres variées où le noir prédomine (folk ombrageux, post-punk carbonisé, pop douce-amère), savent se distinguer de la masse des plagiaires sans révolutionner le moindre genre ? The National est la preuve vivante qu'une solide instruction ne nuit pas à l'affirmation d'une vraie personnalité. A la fois classique et intranquille, ce groupe est capable de rendre leur virginité à des suites d'accords et des courbes mélodiques que mille musiciens ont déja marqué de leurs empreintes. Mais sa principale qualité est surtout de jouer comme un seul homme derrière un un homme seul: le chanteur Matt Berninger, qui a visiblement le coeur gros et du venin en stock. Une belle voix fripée, dans laquelle se niche cette désillusion un brin désinvolte qui, depuis que Lou Reed en a déposé le copyright, figure parmi les plus grandes trouvailles du rock new-yorkais. Richard Robert

>>Chronicart - 5/5

A force de faire les malins avec le rock’n’roll, on en aurait presque oublié que malgré nos efforts très soutenus en matière d’autodestruction, nos effusions adolescentes d’hier pouvaient encore trouver une résonance dans les disques d’aujourd’hui. On plaint régulièrement les adolescents dont les tourments trouvent écho dans les geignardises de Radiohead, ou pire dans les étrons que ces salopards de Muse viennent déposer régulièrement aux portes de nos cités. On plaint surtout ceux qui, adolescents attardés ou non, passeront à côté de ce disque immense qu’est le deuxième album de The National.

Adolescents, nous écoutions principalement de la new-wave anglaise, ce qui à quelques notables exceptions prés ne nous rend pas forcément nostalgiques. Il est un groupe ordinaire qui, et quitte à aggraver mon cas de trentenaire rétrograde auprès de mademoiselle Colin des Inrocks (auteur d’un récent et fort discutable panégyrique des new-yorkais), a récolté l’indulgence de la critique et quelques petites culottes à l’hygiène incertaine, malgré un sex-appeal proche de la boulette d’Avesnes : Interpol. Pardonne mais n’oublie jamais. Disons pour faire court que The National est tout ce qu’Interpol ne sera jamais.

Ceux qui ont vu The National en concert en novembre 2002 à La Guinguette Pirate (Paris) peuvent en témoigner : ce groupe brûle d’une classe effarante et ce Sad songs for dirty lovers en est une preuve supplémentaire. Alors que le premier album de ces expatriés de l’Ohio vers New York dispensait un charme un peu terne et désuet sur la longueur, celui-ci agit de suite et s’impose dès la première écoute comme un grand disque. Il faut dire qu’après un Cardinal song introductif en forme de plainte à la construction inédite, Slipping husband cartonne immédiatement en tube indansable de l’année. Je vous le confirme par écrit : Slipping husband peut s’écouter plus de cent fois sans lasser. Comme un 45 tours. Le morceau le plus improbablement tubesque depuis Shine on (House Of Love-Creation Records, fin du siècle dernier), qu’il rappelle toute honte bue. Il y en a un autre, de tube : Available, encore plus régressif en septième position, un morceau qu’on dirait tout droit sorti du grenier du collège, un morceau qu’on étriperait de prime abord car il rappelle d’insupportables merdes (U2, The Mission, toujours pas sortis du grenier), mais qui s’en sort miraculeusement la tête haute (Psychedelic Furs, Joy Division, The Sound, la grosse classe). Ces deux titres toxiques font tout d’abord un peu d’ombre au reste du disque, à son élégance naturelle, mais au final s’y intègrent sans problème.

Tordons tout de suite le cou à la rumeur : The National n’est pas un groupe Goth de seconde main mais bien un groupe pour les gens dont la culture musicale ne s’arrête pas au six dernier mois. Il ressemble d’ailleurs à un groupe que nous gardions assez égoïstement planqué dans nos cahier de lycéens, dont les anciens nous avaient filés le plan en douce. Ecouter Certain General faisait alors partie des choses qui vous distinguait du fan de Cure lambda et séparait les amateurs de ceux qui prendraient un jour les armes, plume ou guitare, voire pour les plus irrécupérables, les deux. Que Bayon se penche à l’envi sur le cas de ce groupe n’est donc pas un hasard, le symptôme de la new-wave américaine reprend logiquement ici son cours. Que le lycéen qui tombe aujourd’hui sur Sad songs for dirty lovers se méfie, il aura ensuite du mal à ne pas s’énerver avec ses petits camarades scotchés sur Placebo.

The National, même s’ils n’utilisent pas tout à fait la même palette de couleurs (le brou de noix est ici plus lumineux mais pas exempt de taches de tomatine), serait des descendants des Tindersticks et dans la mesure où la déconfiture émotionnelle y est mentionnée sans faux-semblants, d’Arab Strap. On leur souhaite la même attention même si, au vu d’une richesse potentielle beaucoup plus complexe que ces tuteurs par défaut, on peut prédire que les choses ne seront pas si simples. Etienne Greib

>>Compact

Avec leur premier album éponyme, The National traverse l’Atlantique pour tenter sa chance une nouvelle fois en Europe où l’on reste sensible aux entreprises indépendantes. Du succès d’estime ces originaires de l’Ohio vont sûrement franchir un cap supérieur en termes de notoriété car ce Sad Songs For Dirty Lovers est de toute beauté. Aucun morceau n’est identique, aussi bien en matière de production, tantôt acoustique (mention spéciale pour le violon), parfois électrique, qu’au niveau des thèmes abordés par les écrits (on échappe aux sérénades pour romantique esseulé), ici nous sommes totalement en marge du mainstream environnant. Au détriment de la durée assez courte car avoisinant les 46 minutes, l’album puise toute son originalité à travers la personnalité du chanteur Matt Berninger, lequel transmet son vague à l’âme en filigrane des Sads Songs… Sûrement rincé par les émotions le groupe a ainsi l’heureuse idée de se limiter au timing minimum et nécessaire à boucler un disque, de ce fait rien n’est à jeter. Rares sont les deuxième opus aussi denses et cohérents d’une extrémité à l’autre. Et nous ne sommes pas les seuls à succomber à ce folk urbain, The National inspire déjà les éloges d’amateurs avertis si bien qu’on avance un je-ne-sais-quoi des Tindersticks, de Leonard Cohen dans la voix, liste que l’on complétera avec Richard Buckner ou Neal Casal avec lequel Matt partage la même sensibilité musicale. L.Erre - 4

>>Soit Dit En Passant

On aurait peu misé sur The National, tant leur premier album éponyme a été vite oublié. Pourtant, les new-yorkais signent un album exceptionnel, touchent le jackpot et nous font toucher du doigt une certaine perfection pop-folk. Aguerris, plus mâtures, ils ont crée des morceaux parfaits, mettant en avant la sublime et chaleureuse voix de Matt Berlinger (proche de celle de Leonard Cohen), trouvant de subtiles arrangements de cordes, privilégiant une ligne mélodique enivrante.

Sur "90-mile Water Wall", le violon (à la Dirty Three) prend le temps de nous poignarder, de créer une brèche pour que les mots nous saississent avec plus de fracas. Il est souvent question d'échecs affectifs, de doutes, d'intimité trahie. La voix prend elle le temps de se placer, de choisir les mots qui correspondent le mieux aux idées: "don't, don't leave yourself alone for too many days, cause sooner that you know you're gonna start slipping" ("Slipping husband"). Balades folk et titres rock sont très évocateurs, très prenants; on s'identifie.

En fait, dès la première intonation, Sad Songs For Dirty Lovers à des allures de disque qui ne laisse pas l'auditeur indemne. "Cardinal Song" émeut, libère des arômes inattendus. La guitare, électrique ou acoustique, la batterie, subtile mais centrale, la basse...The National a trouvé son équilibre. Sur "Slipping husband" et "Available", Matt Berninger n'a plus qu'un cri pour expulser sa rage, un cri qui parait spontané, instinctif. C'est notamment à ces deux moments là, où l'on oublie toute notion d'équilibre, qu'on se laisse tomber dans le vide.

Le travail de chroniqueur n'est pas facilité ici, ne serait-ce que parce qu'il y a quelque chose qui dépasse le cadre même de la musique. Un je ne sais quoi de grain de folie, de grain de génie, qui surplombe "Sad Songs For Dirt Lovers". Un album rémanent et introspectif, un album d'une incontestable beauté. Ils sont cinq: les frères Scott (guitare) et Bryan Devendorf (batterie), les frères Bryce (guitare) et Aaron Dessner (basse), et Matt Berninger: ils signent là leur premier chef d'œuvre, qu'on est pas près d'oublier. Quentin Deve

>>New Comer #37

Découverte d'un nouveau groupe New-Yorkais plus à l'aise avec le spleen élégant qu'avec le rock teenage. Si les intenses The National charment sur disque ils portent l'estocade finale sur scène. Nos Interpol 2003 ?

The National serait-il un aimable combo traîne savate de plus ? Vous savez le genre de formation que Newcomer examine généralement avec une cirsoncspection de rigueur ? Hum, hum examinons le casier judiciaire chargé de ces cinq musiciens américains. Un quotidien sérieux (chouchou Libération du moment) les adore. L'internationale indie à lunettes carrées (celle qui rigole uniquement quand on la brûle) les suit à la trace. Un revolver quelqu'un ? Non, m'sieur, mais 250 somnifères feraient très bien l'affaire ! Pas la peine de chercher loin donc: on peut ranger "Sad Songs For Dirty Lovers", le deuxième album de ce groupe de Cincinatti délocalisé à New York, au rayon dépression rock. Soyez avertis The National voisine fort bien au côté d'autres joyeux drilles tels Tindersticks, Mazzy Star, Calla, Idaho et Swell.

Affaire classée ? Certainement pas. On a vu The National sur la scène de la Guinguette Pirate à Paris et...c'est un groupe immense. A moitié Joy Division pour l'intensité que dégage le chanteur rouquin Matt Berninger et à moitié Leonard Cohen pour l'élégance de ces entrelacs de guitare. Produit par Peter Katis déja derrière l'album d'Interpol "Sad Songs For Dirty Lovers" pourrait, à terme, devenir, un potentiel petit précis du mal être discographique. Matt Berninger rectifie le tir: "Les gens ont tendance à ne voir en nous qu'un groupe dépressif de plus. Alors que l'univers de The National se teinte de temps à autre d'aller retour entre la violence et la légèreté. Il y a aussi de l'humour dans nos chansons. Même si je sais que cela ne paraît pas forcément évident..."

Sursaut de vie. Formé autour de Matt Berninger et des frères Devendorf (Scott à la guitare, Bryan à la batterie) et Dessner (Bryce à la guitare, Aaron à la basse) The National a trouvé refuge à New-York par fascination pour la poésie urbaine qu'offre cette ville "Quand tu vis à New-York tu ressens immédiatement l'éléctricité et la tension. Cet endroit a nourri plein de films que nous aimons - comme ceux de Jim Jarmusch - et plein de disques également !" précise Bryce Dessner. On acquiese. Cette pop ténébreuse truffée d'histoires d'errance alcoolisée et de ruptures douloureuses est comme chez elle dans le New York tel que le chantait Lou Reed. Mieux, les notes de "Sad Songs For Dirty Lovers" sonnent comme autant d'appels à se perdre dans la jungle urbaine. "Quand je me fais larguer, je ne reste pas chez moi, seul, à me morfondre. Généralement je sors dans la rue, je vais me confronter à la vie, à l'extérieur. J'espère que la musique de The National offre le même effet. Rien ne me ferait plus de peine qu'on me dise que les textes de mes chansons sont renfermés sur leur petite part de malheur !" Ce n'est pas le cas. Et il suffit de voir et d'entendre Matt Berninger hurler sur scène, fixer de ses yeux tristes son maigre public pour conclure que The National dépasse de loin l'étiquette "petit groupe fragile et mal à l'aise à destination d'une poignée de gens fragiles et mal à l'aise". Ce groupe c'est avant tout un dernier sursaut de vie avant la noyade. Sur scène encore mieux que sur disque The National se cramponne à sa musique intense comme on se raccroche à une ultime bouée de sauvetage. Ces gens là auraient-ils de l'ambition ? Matt Berninger s'allume une enième cigarette et souris timidement "Deux albums c'est déja inespéré pour nous. Récemment j'ai plaqué mon boulot de désigner pour me consacrer uniquement à la musique. Je n'aurais jamais cru trouver en moi la force de chosir ma vie. The National, mes textes, le livre que j'écrirais peut être un jour c'est aujourd'hui tout ce qui me reste. Je suis prêt à me battre jusqu'à la mort pour ça." par N. Diedrich & JV Chapus.

>>Popingays

Du premier album éponyme sorti l'an dernier en France, je ne gardais pas un souvenir impérissable. D'où la (bonne) surprise à l'écoute de ce nouvel album de The National, annoncé par un concert remarqué à la guinguette pirate l'an dernier... Si ils sont originaires de l'Ohio (aujourd'hui installés à Brooklyn), leur mélange d'Americana et country-folk nous les ferait plutôt imaginer comme provenant du sud des Etats-Unis. Sur cette base plutôt classique viennent se greffer des cordes à la fois classieuses et grinçantes, voire agressives, dans la lignée des Tindersticks... Tindersticks, le nom est lâché ! On ne peut effectivement s'empêcher de penser à leurs atmosphères poisseuses, tant au niveau de l'ambiance mélancolique que du chant... Entre Stuart Staples et Leonard Cohen, on se prend en effet à imaginer Matt Berninger en crooner fatigué, encore soutenu par quelques chœurs féminins et ne chantant plus que pour les derniers clients d'un saloon quelconque du désert américain… Toutefois, la fée électricité s'est clairement penchée sur leur berceau, tant la musique de The National est urbaine, devenant (presque) dansante lorsqu'elle lorgne vers Jack, balançant alors des riffs entraînants sur Available, Slipping husband, ou sur le tubesque Murder me Rachel, où la batterie s'emballe, les violons et les guitares débridées s'enchevêtrent, créant alors une cacophonie proche des premiers Tindersticks. Au final, Sad songs for dirty lovers est un album de bonne facture qui porte bien son nom. Guillaume

>>Novaplanet

Avec ce nom de paquet de clopes pour bidasses, on pouvait craindre ce que ce disque réservait. Et pourtant... On vogue d’ambiances folkeuses qui évoquent les plaines des Etats-Unis et d’ailleurs, à des titres plus pop-rock, voire même brit-pop, qui sentent le fumet âcre du jeune prolo désespéré de Manchester. Il faut dire que les deux frères qui composent le paquet (Scott et Bryan Devendorf, respectivement guitare et batterie) viennent du fond de l’Ohio, mais ont émigré et adopté New-York. En chemin, ils ont embarqué un chanteur: Matt Berninger. Il a d’ailleurs une voix crooneuse, un peu cassée, qui évoque les Tindersticks. On pourrait les qualifier de Macadam cowboys de la folk-pop, perdus dans une aventure urbaine sauvage. Un carnet de bord du redneck attiré et blessé par la ville, comme le papillon par la flamme. RSC la folk-pop, perdus dans une aventure urbaine sauvage. Une sorte de carnet de bord du redneck attirés et blessés par la ville, comme le papillon à la lumière. RSC

>>Pinkushion

Deuxième album des New Yorkais d'adoption The National, "sad songs for dirty lovers" confirme la bonne impression laissée par leur premier album et impose leur talent à travers douze chansons, reflet des relations amoureuses, agitées.

Souvent on me demande comment arriver à garder un certain enthousiasme à force d'écouter des disques à longueur de journée. Je répondrais The National. Je pense que la musique est faite pour nous surprendre, créer des émotions et tant que le plaisir d'écouter des disques résidera dans d'agréables découvertes comme le fut celle de l'album Sad Songs for Dirty Lovers des National, l'envie ne s'estompera pas.

A l'heure d'un formatage de genres musicaux où les hypes sont vites reprises à coup de business plan, le marché discographique est inondé de sous untel reproduisant une même recette qui a fait ses preuves en espérant ramasser quelques miettes de succès sur les cendres encore chaudes de la mode du moment. Beaucoup de ces groupes de l'instant ont l'attitude pour plaire aux médias et n'hésitent pas à clamer haut et fort être les précurseurs du mouvement mais malheureusement ont souvent oublié le talent.

The National ne sont pas arrivés les premiers, ne révolutionneront sûrement pas la musique mais à coup sûr vont laisser des traces. En revendiquant un attachement aux racines folk rock, sad songs for dirty lovers est un grand disque, et tient bien sa place entre Teenage Fan Club et Tindersticks. Ce deuxième album du groupe fait suite à The National sorti en 2001, qui avait déjà reçu de bonnes critiques, chez Brassland records (Baby Dayliner, Clogs, Erik Friedlander).

Originaire de l'Ohio, The National a trouvé refuge à Brooklyn. The National ressemble à une histoire de famille ou plutôt de frères puisqu'en effet sur cinq membres du groupe deux duos sont frères, Scott et Bryan Devendorf (respectivement à la guitare et batterie), Aaron et Bryce Dessner (basse et guitare), et enfin un ami en commun le chanteur habité Matt Berninger.

La musique de The National flirte effrontément aussi bien avec la country que le folk sous l'emprise de guitares mordantes, et n'en rougit pas bien au contraire un rien lubrique et fier, les membres du groupe lui redonnent des couleurs et du plaisir. L'ivresse des paroles et un rythme quelque peu agressif remuent les chansons et fouettent à rebrousse poil cette musique un peu trop paisible.

Sad songs for dirty lovers parle des hommes qui boivent pour oublier ou à force de boire oublient, de la difficulté d'aimer, parle de la fragilité, de la complexité des relations amoureuses partagées entre la déchirure et l'épanouissement. Dans les thèmes abordés et dans les ambiances musicales faisant alterner les moments calmes à ceux électriques où la voix de Matt Berninger est poussé à la limite du cri, la musique de The National peut faire penser à du American Music Club, Matt ayant une voix assez proche de celle de Mark Eitzel, à du Tim Gibbons ou du Dakota Suite pour les inspirations country folk, ou encore à du Guided by Voices ou du Madrugada pour l'énergie et les montées d'adrénaline.

Avec ce nouveau travail d'orfèvre, The National confirme le talent pressenti il y a deux ans par leur premier opus. Sur les cartes routières un nouvel itinéraire vient à peine d'être ajouté qu'il est déjà fortement emprunté et conseillé. Le site officiel du label américain Brassland Le site officiel du label Talitres Article posté par Freduti, le 19 mai 2003

>>Foutraque

Le groupe américain The National, désormais signé sur le label bordelais Talitres Records, s’apprête à sortir son deuxième disque, Sad songs for dirty lovers… Le premier album de ces New-Yorkais d’adoption avait déjà retenu l’attention grâce à la qualité des compositions, des arrangements et du chant ; le deuxième effort du ténébreux quintette démontre les mêmes qualités. Le fidèle Nick Lloyd, désormais producteur, a parfaitement mis en valeur la musique du groupe en travaillant sur la sobriété. The National revient donc avec douze chansons bien écrites et produites où on décèle des empreintes de pop, de folk, de rock et de country. A l’instar des titres 90-mile water wall et Thirsty, littéralement habités, il est vraiment difficile de se défaire de ce disque dont les mélodies et les ambiances trottent longtemps dans la tête… Cet effet est dû aussi en grande partie au chanteur Matt Berninger qui constitue la marque de fabrique du groupe avec sa voix grave, touchante et inquiétante. Après une première partie de Low à Paris en décembre 2002, The National va revenir défendre son disque sur le sol français en juin et octobre, une occasion idéale de découvrir ces Sad songs for dirty lovers. Pierre Andrieu

>>Autres Directions

Mine de rien, The National s'impose tranquillement, squatte la platine, tourne souvent quand les amis passent à la maison. Portée par la voix de Matt Berninger, la musique de cinq exilés à New-York évoque Tindersticks ou Leonard Cohen, bien plus qu'un énième groupe de tête à claques récitant son abécédaire du rock. Fines et joliment ciselées, les chansons de The National regorge de choeurs bien placé, de guitares en bois tranquille, de petites interventions bien sentie de violons ou de trompette. Pas de quoi révolutionner le monde de la pop, mais un bel ouvrage fait avec suffisamment de personnalité et de sincérité pour accompagner la mélancolie de fin d'après-midi et les lendemains de fêtes. Car avec un titre comme celui-ci, ce deuxième album n'est pas vraiment une ode à la joie. Non, il s'agit surtout d'histoires d'amour qui s'étiolent ou de moments de déboires pas très glorieux et noyés dans l'alcool. Mais, les cinq de The National ne s'apitoient pas sur leur sort et s'énervent de temps à autres, balancent un coup de latte dans l'ampli et s'égosillent dans le micro comme sur Available qui flanque la chair de poule. Après ce point culminant, The National peine quelque peu à enchaîner et la deuxième moitié de l'album en demi-teinte défile doucement. S'il est dommage que l'intensité retombe, on retiendra surtout le talent de The National pour séduire sur quelques mélodies bien troussées. denis

>>A Voir A Lire.com

Et tout comme Calla, The National (dont le patronyme a à peu près autant à voir avec un quelconque nationalisme que France Gall avec le rugby) sont new-yorkais d'adoption. Originaires de l'Ohio, les deux frères Devendorf, les deux frères Dessner et le chanteur Matt Berninger promènent leurs histoires d'alcool et d'amours déçues dans un état effectivement proche de celui d'où ils viennent, comme le susurrait Adjani. Un spleen à l'haleine chargée, donc, renforcé par la voix fatiguée et cotonneuse de Berninger, qui rappelle inévitablement un Léonard Cohen de la première heure et surtout un Stuart Staples (Tindersticks) un brin plus nerveux.

Et la comparaison avec le groupe de Nottingham ne s'arrête d'ailleurs pas là : même si le quintet new-yorkais ancre sa musique dans des guitares aux sonorités country-folk bien américaines (It Never Happened et sa guitare slide), on retrouve chez The National ce doux parfum de romantisme déchu cher aux Tindersticks. Des cordes discrètes pointent ainsi aux détours de certains morceaux (un violon perçant par exemple les guitares acoustiques de 90-Mile Water Wall), et de somptueuses ballades jalonnent le disque (Cardinal Song, Lucky You). Mais Sad Songs For Dirty Lovers sait également se faire violence pour rappeler que le disque a été enregistré à fleur de bitume new-yorkais. Peter Katis, qui a récemment mixé l'album d'Interpol, noircit ici de sa production le sonique et déraillant Murder Me Rachael, dont le violon tourbillonnant n'est pas sans rappeler le John Cale de The Velvet Underground & Nico.

A l'instar du Televise de Calla ou du Yankee Hotel Foxtrot de Wilco, Sad Songs For Dirty Lovers puise donc sa richesse dans cet équilibre entre réminiscences folk et noirceurs urbaines, le tout renvoyant à un romantisme du perdant cher à la tradition folk-rock américaine et pourtant toujours diablement actuel. Frankie Clanché

>>Clarknova

Tout simplement énormément beau.

Difficile de résumer cet album en quelques lignes, difficile de le raconter, d'expliquer pourquoi il m'a remué les tripes, d'expliquer tout les sentiments qui arrivent à son écoute. Tout simplement énormément beau et triste à la fois. Tristement drôle à des moments ou drôlement triste à d'autres.

Une musique calme, reposante, assez folk - cardinal song - ou plus pop rock pour les deuxième (surtout a la fin à l'arrivé des guitares) et quatrième morceaux - slipping husband - it never happened - mais toujours avec des arrangements de hautes volées, amples, en contre point du chant pour mieux nous donner à entendre ces histoires d'amours. Matiné d'électro sur la fin du disque - patterns of fairytales -, ce disque explore un large palette de ce que être la Pop, mélancolique, plus enjouée, énervée, énergique, belle et sensible. Sad Song for dirty Lovers, tout est dit dans le titre, c'est une sorte d'encyclopédie du sentiment amoureux, d'histoires d'amours perdues, à retrouver, ou retrouvées, une palette saisissante de l'âme humaine. Un album propice à un retour sur soi salvateur. C'est comme ça que je l'entends et que je le ressens. A chacun de se faire une idée à l'écoute de cet opus. Beau tout simplement, remplie de l'énergie de désespoir, ... A écouter la nuit sous les étoiles un casque sur les oreilles pour ne rien manquer. FAb Slbrt

>>Popnews

Ces temps-ci, il ne fait pas bon s'appeler "The" quelque chose. Très en vogue commercialement, cette particule subit le même genre de traitement journalistique que les "post" truc, c'est-à-dire un consensus de plus en plus large autour de "ça commence à bien faire de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes". À tort ou à raison, je ne sais pas, la vérité étant quelque part entre les deux. Toujours est-il qu'il y en a qui doivent se contrefoutre royalement de ce débat rhétorico-marketing : The National. Avec eux, on tient le parfait contre exemple de la "branchitude" des poseurs. Confirmant magistralement leur premier essai éponyme qui fut l'une des plus réjouissantes surprises de l'année 2002, les voilà de retour avec un "Sad Songs For Dirty Lovers" creusant toujours aussi efficacement le même sillon.

Mené en famille (les frères Devendorf à la guitare et à la batterie, les frères Dessner à la guitare et à la basse), ce groupe américain enchaîne les compositions dans les registres pop, rock et folk, alternant les titres électriques et accrocheurs avec ceux plus posés. Avec des instrumentations variées, faisant notamment appel au violon – une magnifique apparition à la Dirty Three sur "90-Mile Water Wall" –, ce deuxième album se révèle plus fleuri et plus long en bouche. C'est d'ailleurs l'une des principales différences avec son prédécesseur dont on ne retrouve pas la même immédiateté. Est-ce un problème ? Non, car même s'il n'y a pas vraiment de quasi-tubes comme cela était auparavant le cas, ce disque s'inscrit dans la durée, ce qui est le propre de la mâturité.

The National ne serait cependant pas The National sans la voix de crooner de Matt Berninger qui, quand elle ne se lance pas dans un étonnant égosillement ("Available"), donne une coloration Tindersticks aux compositions les plus calmes. Globalement, cette seconde livraison du groupe, plus contrastée que la première, surtout côté électrique, devrait combler celles et ceux qui s'étaient déjà entiché(e)s de ces Américains et, je l'espère, convaincre les autres de ne pas rater une deuxième fois le coche. Fred

>>Start Up

The National, c'est avant tout un diamant brut, le timbre caverneux de Matt Berninger, serti par une double paire de joailliers attentifs, les frères Devendorf et Dessner. Cette manière d'accord parfait confère au second album de ces New-Yorkais d'adoption, douze pistes louvoyant entre ballades languides et guitares rock tourmentées - mais jamais tapageuses -, une élégance et une unité de ton remarquables - Joseph Louis

>>Nouvelle Vague

Après être passé un peu vite sur leur premier album éponyme néanmoins sympathique, j'ai pris une bonne claque en découvrant sur scène les nouveaux titres de ces désormais 5 brooklyniens d'adoption. En effet The National a vu ses rangs s'épaissir avec l'incorporation officielle de Bryce Dessner jumeau d'Aaron à la guitare aux côtés des frères Devendorf et de Matt Berninger au chant .Ce nouvel album (dont la France aura eu le droit à la primauté) est une pure merveille. Dès les premières secondes du disque, la voix grave de Matt Berninger nous assène un "Never look her in the eye, never tell the truth" suvi non loin de "never tell someone you love, that you do": le ton est donné. Comme dans le premier, The National nous berce avec des ballades noires, magnifiquement servies par la voix de son chanteur qui prend de plus en plus ses distances par rapport à Leonard Cohen ou Nick Cave. Si la plupart des morceaux restent relativement calmes, l'ensemble est néanmoins beaucoup plus rock que dans le premier album, avec des morceaux comme l'extraordinaire Available ou Slipping Husband où Matt explose littéralement. On notera sur 90 Mile Water la présence des cordes de Padma du groupe Clogs venu une nouvelle fois prêter main forte en studio. Au final douze morceaux particulièrement saissisants qui devraient permettre de patienter jusqu'à leur retour en France l'hiver prochain. Pirlouiiit ****

>>Froggy's Delight

En ces temps troublés où le rock retrouve doucement ses guitares, The National nous propose avec son second album Sad Songs for Dirty Lovers des morceaux denses et courts, bien construits dont ils qualifient eux-mêmes de son de rock "placeless".

D'ailleurs, le rock des National ne s'apparente certes pas à avec celui de cette vague d'écervelés (et parfois décervelés) bruitistes venue envahir nos platines ces derniers temps (désolé pas de nom !). Acoustique ou électrique, cet album nous donne un bien bel aperçu des potentialités du groupe dont la composition (deux couples de frères et leur ami chanteur) fondée sur des liens solides permet d'espérer une certaine pérennité.

Sachant mettre en valeur la voix singulière de Matt Berninger qui n'est jamais reléguée en arrière plan, The National a effectué un vrai travail de songwriting en trouvant un juste équilibre entre le folk-rock américain et le pop-rock anglosaxon même si certains tempèrent très vite les satisfecits décernés en faisant tomber le couperet du manque d'invention d'une musique qui ne révolutionnera pas le monde musical. Force est de constater qu'il existe peu de révolutions en ce domaine et il paraît difficile de tirer des plans sur la comète pour ce jeune groupe qui peut réserver des surprises s'il intègre et se libère des influences diverses qui paraissent patentes dans cet album où chaque morceau est différent.

L'album est introduit par "Cardinal song" élégant morceau pathétique tout en guitare douce et souffle de batterie constituant un superbe écrin pour la voix très atypique de Matt Berninger, à la fois rauque et tendre, pour embrayer sur "Slipping husband" dont l'intro rappelle derechef certains morceaux des Tindersticks pour déboucher sur du folk-rock rythmé et incisif, à grand coups de guitares.Avec ces chœurs et ses guitares qui galopent autour de cette voix qui se transforme en un cri, c'est un des morceaux forts de l'album sans doute le plus accrocheur. Un tube assurément si il y avait un minimum de justice au pays de la musique !

"90 miles water wall" avec sa guitare acoustique et ses violons caressants a des résonances calexiquiennes et évoque aussi les Bad Seeds dans leur formation Dirty Three.

Bien sûr le nom des Tindersticks revient en écoutant "Murder me rachel" pour sa composition musicale toute en cacophonie sophistiquée mais on pense aussi à un David Bowie période très rock'n'roll.

Sur "Available" on se retrouve en pleine évocation new wave, entre the Cure et Joy Division,(influences au demeurant reconnues par le groupe (cf. interview précédant leur concert à la Guinguette Pirate)... une voix à la limite de la rupture. Un morceau puissant, teigneux et sombre vraiment superbe que l'on attend de découvrir en live. De très belles ballades également avec "Thirsty" aux arrangements très épurés avec un petit coté Perry Blake, "Patterns of fairytales" ode à Léonard Cohen ou "Lucky you" qui referme avec calme cet album qui s'avère être un des plus intéressants albums du moment. en savoir plus. Froggy

>>Abus Dangereux

Quelques mois après la sortie de leur premier album éponyme, rangé entre Willard Grant Conspiracy et Lambchop, voici de nouveau les frères Devendorf et Dessner avec leur beau gosse de chanteur, Matt Berninger. Enfin beau gosse, je ne sais pas, mais belle voix, c'est sûr. Plus audacieux que le précédent, "Sad Songs For Dirty Lovers" ne se contente pas d'arpenter une folk américaine matinée de country mais change de rythme et d'ambiances grace à une production soignée et précise. Le chant grave, un rien théâtral (un dégré en dessous de Stuart Staples quand même) domine des guitares souples et traînantes qui peuvent se changer en autant de redoutables machines à écorcher les oreilles, si le propos le demande ("Murder Me Rachel", "Available"). Les claviers liquides, des violons discrets et quelques choeurs féminins accompagnent plus volontier les ballades. L'utilisation de sonorités synthétiques donne une petite touche de dérision à des morceaux qui touchent juste aussi bien par la forme, évoluant d'une pop classique vers un mélange de classique et de jazz indétermniné, que par le fond qui se moque des hommes enfants qui refusent de regarder la vie en face ("Slipping Husband", "Sugar Wife"). Réflexion personnelle ? Pas sûr, car quand on entend très distinctement Matt dire qu'il cherche à lire la presse internationale pour mieux comprendre ce qui se passe aux Etats-Unis ("Fashion Coat"), on comprend mieux cette impression de maturité qui émane de l'ensemble. Cathy

>>De L'Air

Déja un deuxième album pour ces New-Yorkais d'adoptions repérés par "Libération" fin 2002. Cap difficile s'il en est, nombre de groupes s'étant perdu dans les méandres créatifs d'une seconde oeuvre. Nos nationalistes ne sont pas tombés dans le piège et sortent un album qui, à défaut d'être explosif, déroule sa procession de chansons sussurées, guidées par la voix grave de Matt Berninger, qui évoque Léonard Cohen, Tindersticks et Ian Curtis. Une musique contenue aux multiples climats, calmes ou fracassés, selon les moments. Sublime alternative aux saillies punky de l'époque, ces chansons intimes qui convoquent fantômes et romantisme méritent vraiment d'être découvertes. G.L.

>>X Rock - 8/10

The National est une histoire de famille, d'arrière petits fils de pionniers remontés de Cincinnati à New York, partageant le goût du jeu et le sens du voisinage, la couleur de la généalogie et quelques traces vécues sous forme de picole et poésies diverses. Un peu comme si ces gars là désormais installés (physiquement et artistiquement) à Brooklyn, avaient décidé de réécrire le folklore sur le trauma urbain, leur folklore perso, celui qui remet la mélancolie sous tension, quelque part entre Dylan et le Velvet, un peu comme quand Guided By Voicesfait dérailler les genres et les sens ou quand Clem Side reprend "Donna" de Ritchie Valens, ou plus sûrement comme si une part de l'âme de l'Americana avait naturellement trouvé sa place entre la country alternative et l'indie pop la plus morderne, entre Triffids et Tindersticks. Patrick Peiffer

>>TGV Mag

New-yorkais d’adoption, les National ont gardé de leur Ohio natal une dignité provinciale qui se retrouve sur ce deuxième album au titre éloquent. Sorte de Jayhawks ou de Wilco qui se seraient frottés aux trottoirs de la Grosse Pomme, le quintet délivre des chansons fiévreuses, où les moments de calme alternent avec une fougue électrique impressionnante. A l’image de « Slipping Husband » et de la majorité de ces douze titres aux accents classiques, The National s’impose comme l’une des formations indie-rock les plus douées de sa génération. F.M.

Revue de presse pour le premier album éponyme

>>Libération - décembre 02

>>Popnews

L’Amérique toute-puissante n’a décidément pas fini de nous surprendre. Marchande de rêves sans accrocs passée reine dans l’art de nous faire prendre des vessies pour des latrines, la patrie de Limp Bizkit et Whitney Houston est aussi le berceau d’une foultitude de beautiful losers experts en chansons tordues. Pour preuve, l’arrivée des nouveaux venus de The National. >>>>this way

>>The Village Voice

The National is yet another Brooklyn Gem among gems, but this band's more Americana - and much more somber - than their Williamsburg counterparts. Their self-titled debut unravels itself in poignant, but painful scenes from a movie about a man's emotional decadence: There's lots of booze and women involved. There's also the woman that got away. There's a bit of self-deprecation. And there are fatalistic reflections on life and love. Indulge yourselves. - Yadao

>>Kerang 4 KKKKs

Darkly emotional debut from NYC-based Ohians Inhabiting the same eerie territory as Silver Jews and seminal songwriter Will Oldham, this self-titled first offering is filled with bittersweet ballads and slurred storytelling to lose yourself in. 'The National' soundtracks are ennui of everyday existence, leading us deep into the darkest chasms of singer Matt Berninger's sorrow-filled psyche. Yet for every loss-inspired lyric, acoustic jolt and exquisite harmony, there's a tense and beautiful undercurrent at work, reminiscent of Joy Division and Nick Cave, making this cathartic record much more than your bog-standard miserablist release. They may have moved to the big city, but you'll never take the country sway out of their delicate twang. Sad, affecting and drunkenly formed, The National's debut is the stuff underground legends are made of. - Camilla Pia

>>Artvoice, Buffalo NYC, 2001

Have You Heard the National Guitar? The National is that band who right now makes me feel something. Sure, emotion is suspect in our limpid digital age, a time in which the one-dimensional ho-hum of willful captivity is an ideal-but hey! The National's self-titled record (Brassland Records), a chapbook of souls, or better yet, a discarded Farmer's Almanac blooming with revelatory pencil sketches, causes me to think so much about leaves blowing through half-closed windows in my attic and the boundaries of overgrown orchards covering life in a crisp uneven blanket, that I forget my cynicism, my consistent lack of sleep, and remember, suddenly, myself. When I try to explain The National, my first inclination is to dig up generalizations, to mumble of deep-voiced melancholic male singers a la Nick Cave, the guy from Tindersticks, or Leonard Cohen. Having secured this meager indie-rock shop talk, I tend to place said imaginary singer in front of a Southern-sounding rock band like Lampchop, dipping and sawing and spinning in a lacey backyard below the Mason-Dixon. Sure, but The National aren't from the South; in fact, they come from Brooklyn via Ohio. Like d.a. levy's incantory poems about rust and rivers in Cleveland, they sing through Midwestern ice, teeth, divining rods, shape-shifting emptiness, ghosts, and silence. Thematically, The National are closely linked to lately hyped London trio The Clientele. Yeah: rain and stars. The National, though, are sort of the working class version of The Clientele, I'd say. Not that The Clientele are upperclass or anything, but they just seem more removed. They're fans of Surrealism and Marquez, for example (c'mon, you know what I mean). Regardless, in the end, The National have most definitely whittled my favorite rock record of the year. It's a stoic Bildungsroman penned in smoke, an unusually successful case of soul-searching. - Brandon Stosuy

>>Billboard, october 01

Five guys from Ohio move to Brooklyn and start a rock band, bringing their big hearts and wide eyes with them. Thus is the story of the National, whose self-titled debut dances along the fault line between country-tinged folk and indie rock with effortless elegance.

Armed with a deep, rusty baritone resembling that of the Tinderstick's Stuart Staples, singer Matt Berninger imbues each tune with a serene confidence. Meanwhile the lyrics pick through the scattered pieces of past relationships like a weary traveler with nothing but open roads and time on his hands.

The band's understated arrangements teem with classic pop elements, which give the seemingly simple songs an extra depth. Vocal harmonies, piano melodies and slide guitar are used sparingly as tasteful embellishments, but never overshadow Berninger's vocals.

Aaron Dessner's mandola on "Watching You Well" lends the song a timeless quality, while "John's Star" takes a more aggressive tack, counterbalancing the buzz of distorted guitars with a warm electric piano melody. Male/female vocals intertwine on "Bitters & Absolut" as a piano melody cuts delicate curlicues in the solid bass-guitar-drums framework.

>>Rolling Stone Germany - January 03

Die Heft-CD: "New Noises 57"

Die "New Noises" als Landkarte: Toronto, London, Vancouver, irgendwo in Iowa, Birmingham, New York, Bergen, Köln, Berlin, Seattle, Omaha, Nürnberg, nochmal New York und Lund. Wir kommen für Sie rum und berichten wieder über neue Projekte und alte Helden. Beigelegt zu Rolling Stone 01/03 Track 13. The National "Bitters And Absolut" The National aus New York tragen zwar auch das Titelstory-trächtige "The" im Namen, haben aber mit Punkrock nichts am Hut. Sie spielen auf ihrem selbstbetitelten Debüt Americana-Pop zwischen Jayhawks und Wilco - also quasi Golden Smog - mit einer Prise Elektronik und Matt Berningers Brummelstimme. Auf "Bitters And Absolut", dem schönsten Song, klingt er wie der große Bruder von Roy Orbison.