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DESTROYER - REVUE DE PRESSE

Revue de presse "Your Blues"

- Magic - Les Inrockuptibles - Pop News - Pinkushion - Froggy Delight - Popingays - Les Choses - Adécouvrirabsolument -

>>Magic (album du mois)

La partie est loin d'être gagnée. Car, déjà, il faut ignorer une pochette peu engageante et surpasser son horreur pour ces dessins pseudo-naïfs. Et puis, par la même occasion, faire abstraction de ce vert délavé d'un goût, comment dire, douteux. Pour le béotien, il est également nécessaire de ne pas prêter trop d'attention au nom de l'artiste/groupe/collectif (rayez la mention inutile, si tant est que cela soit nécessaire), qui renvoie certes plus sûrement à une quelconque formation pataugeant dans un rock progressif nauséabond. Voire adepte d'un punk rock faisandé. Hum. L'affaire, donc, commence mal. Très mal. Elle ne pourra être sauvée que par une curiosité forcément malsaine ou une érudition herculéenne. Derrière cette identité peu engageante, se cache en fait le dénommé Daniel Bejar, Canadien de son état – résidant plus précisément à Vancouver –, agité du bocal notoire, compositeur orfèvre passé maître en la matière de tarabiscotages mélodiques et membre éminent du “super-groupe” The New Pornographers, sensation-révélation de l'année 2003, à l'occasion de la sortie de son second Lp. Aujourd'hui, sous le vocable de Destroyer, Bejar signe lui le sixième album d'un projet qu'il a initié au milieu des années 90 et dont il fait évoluer les contours au gré de ses humeurs, de ses envies, de ses fantasmes. Ainsi, après un premier effort en solitaire (We'll Build Them A Gold Bridge, en 1996), il s'est adjoint un an plus tard les services d'une section rythmique pour City Of Daughters, avant d'opter pour une formation à cinq (sans pour autant compter sur les mêmes musiciens, bien évidemment) pour ses trois albums suivants, et en particulier les remarqués Streethawk: A Seduction et This Night. Mais visiblement, l'homme n'aime pas se laisser enfermer dans de quelconques carcans. C'est sans doute pour cela qu'il laisse aujourd'hui derrière lui un certain “classicisme” pop-glam-rock-folk-lo-fi pour se réinventer à nouveau, quitte à déstabiliser un public de plus en plus nombreux à le suivre dans ses aventures rocambolesques. Comme toute renaissance, celle-ci a bien sûr son histoire, sa raison d'être. Et elle est d'une simplicité effarante. “Je crois que j'avais besoin de réagir contre la musique rock… Toute cette scène me rendait malade”, confie le principal intéressé. Alors, adieu veaux, vaches, cochons, batteries, basses, guitares électriques. Et bienvenue dans le monde merveilleux de la programmation MIDI, des programmes pour synthétiseurs, et autres claviers estampillés 80's qui permettent à Bejar, flanqué de deux acolytes, de s'offrir cuivres, instruments à vent et cordes comme s'il en pleuvait, de créer cette impression d'espace, de provoquer cette drôle de sensation d'apesanteur. Seule concession au passé, une guitare acoustique s'immisce ici et là, et en particulier sur le somptueux morceau de clôture, Certain Things You Ought To Know, que l'on verrait bien jouer le rôle de berceuse pour le nouveau millénaire. Vous l'aurez compris, ce disque est tout bonnement inclassable. Partout, s'entrechoquent des références plus ou moins orthodoxes, dans un foutoir toujours mélodique et organisé par la voix si particulière, ensorceleuse et enivrante du maître des lieux. Comme dans un cut-up surréaliste, on pense parfois au Bowie de l'époque Hunky Dory (les premières notes de Notorious Lightning), à un Scott Walker qui n'aurait jamais repris Jacques Brel (An Actor's Revenge et ses cors solennels) ou à un Jarvis Cocker sous valium, en particulier le temps de The Music Lovers, titre où Bejar se “paye” un orchestre de chambre qu'il prend un malin plaisir à enfermer dans un cagibi, un bon tour qu'il réédite sur un étonnamment bucolique From Oakland To Warsaw. Le chant de l'intro de New Ways Of Living plagie à tel point celui de l'indéboulonnable Always On My Mind d'Elvis, que le hasard ne doit pas y être pour grand chose, avant que la chanson, conçue tel un opéra miniature, n'évoque l'aristocratie mélodique de Pet Shop Boys qui n'auraient pas entendu parler de Moroder, Summer et Sumner. Album ovniesque aussi attachant que captivant, aussi ambitieux dans son propos que parcimonieux dans sa réalisation, Your Blues plonge en fait l'auditeur dans une béatitude insoupçonnée et pourrait devenir l'œuvre “Zéro” d'une nouvelle ère musicale. Un peu comme si Bejar avait ici composé une messe pour le temps présent. Ou, plutôt, un requiem. Christophe Basterra ••••••

>>Les Inrockuptibles

De la pop symphonique et siphonnée du Canada

Le leader de Destroyer s’appelle Bejar et ça tombe bien : il compose des symphonies pour un homme seul. Avec pas mal de "la la la" exaltés, d’arrangements biscornus, de mélodies Brill Building et d’envolées lyriques qui, systématiquement, contrarient la logique. Car la pop-music, selon ce Canadien en cabale, ne relie un point A (David Ackles, Marc Almond…) à un point Z (Zombies, Ziggy Stardust) que par des chemins tortueux. Dès l’exubérant et formidable Notorious Lightening, première fugue de ce sixième album, on sait que si ce songwriting effronté possède des airs illuminés en commun avec le meilleur Pulp, Band Of Holy Joy ou Divine Comedy, c’est tout simplement parce qu’il a appris à se tenir tordu au son de Scott Walker ou Van Dyke Parks. Car si Daniel Bejar, membre du collectif The New Pornographers, affirme avoir enregistré cet album en réaction aux ambitions naines du rock, sa démesure l’a entraîné très loin dans la grandiloquence : ce mélange d’acoustique tendre et de rugissements symphoniques siphonnés finit en vaste tragi-comédie musicale, sur une scène de Broadway, avec des fauves et des freaks. Monsieur Loyal de cette parade monstrueuse, le Canadien fanfaronne et s’effondre, passe d’un rire énorme, nietzschéen, à des larmes de crocodile en une simple rafale de violons. Avec la même exubérance et le même aplomb que son compatriote Rufus Wainwright – mais avec nettement plus de chansons et moins de chichis –, Bejar se révèle alors un bien curieux et outrancier oiseau de feu. Mais même à cette altitude insolente, ses ailes soutiennent fermement des refrains à mille tiroirs, des atmosphères aussi surannées qu’euphorisantes. JD Beauvallet

>>Pop News

Daniel Bejar écrit des chansons très personnelles et passablement tordues, aux textes quasi impénétrables, mais les chante comme si c'était les hymnes de toute une génération. C'est ce qui rend les albums de Destroyer uniques et passionnants ..>> la suite

>>Pinkushion

En gommant ses petits rictus parfois désagréables qui gâchaient un peu le plaisir des disques précédents, le vaisseau amiral de Dan Bejar n’a jamais paru aussi flamboyant. Fraîchement émancipé, Destroyer peut enfin se magnifier...la suite ...>>>

>>Adécouvrirabsolument

Your blues, ce nouvel album de destroyer n'a rien de commun avec son époque. Bejar loquace comme à son habitude, plonge sans facilité, reprenant à son compte les figures des plongeurs olympiques, faisant même du panache de son entrée dans l'eau un supplément à sa figure. Tout au long de your blues, on se prend à rêver de voler en compagnie de Bejar, saluant tout le monde (mad foxes). Your blues est en fait un grand livre que frank black (la comparaison peut paraître incongrue) aurait préféré laisser dans le tiroir de sa table de nuit, préférant aller plus vite quitte à laisser de coté ses rêveries. Là où Frank black ramassent au maximum ses compositions, Daniel Bejar lui accompagne ses idées d'un feu d'artifice et préfère les oscillations lentes au passage en force. Your blues approche même la perfection quand il garde un pied dans le jour et un autre dans la nuit au même instant (what road).Ne jamais oublier que dans grandiloquent il y a grand. Your blues est grandiloquent.

>>Froggy Delight

Daniel Béjar, sous le nom improbable de Destroyer, nous avait offert un bien bel album l'année dernière avec This Night, tout comme l'était celui d'avant, Streethawk. Ce membre dilletant des très rock The new pornographers revient cette année avec Your blues, album chaleureux et extrêmement abouti ...>>>

>>Popingays

Your Blues, le dernier album du chanteur/compositeur Daniel Bejar qui vient de Vancouver, arrive en France. Toujours aussi théatrale, la voix de Bejar tire parfois vers le glam-rock et souvent vers la musique folk. L'ouverture par Notorious Lightning est renversante. L'essence de Destroyer est ici représentée avec finesse et savoir-faire. Honnête et iconoclaste Your Blues et probablement l'album le plus abouti et le plus pertinent de Destroyer. L'écriture atteint ici son paroxysme. Ce disque est l'aboutissement des recherches sonores conduites par Bejar depuis Streethawk : A Seduction et This Night. Tout ce qu'il a voulu construire petit à petit depuis six albums est ici détruit avec intelligence, sincérité et frivolité. L'élégance des mélodies et des instruments choisis font de Destoyer un groupe attachant et atypique. Les textures et les structures des compositions sont riches et le titre It's Gonna Take An Airplane est là pour le confirmer. Your Blues est à situer entre Bowie et Nick Drake, la signature Bejar en plus. Destroyer se forge enfin un nom à part entière dans le monde de la musique.

>>Les Choses.com

Revue de presse "This Night"

- Rock & Folk - X-Rock - Froggy Delight - Popingays - M-La Musique - Adecouvrirabsolument - Concert And Co - Sur La Même Longueur D'Ondes - Pop News -

>> Rock & Folk - Octobre 03 - 4/5

En écoutant "This Night", beaucoup seton tentés de le rejeter comme un de ces albums indés assez flemmards, sous-écrits, sous-joués, tirant leur petite réputation de l'ego démesuré de leur leader. Avec de la bonne volonté, certains lui trouveront tout de même du charme pop, à la Bowie période "Hunky Dory". On ne saurait plus lourdement se tromper, tant la démarche de Daniel Bejar, également membre des New Pornographers, se situe à l'opposé du caméléon warholien. "This Night" est en effet un de ces objets les plus fascinants et complexes de ces derniers mois, à la fois célébration et enterrement du rock, dénonciation de la posture et réinventation du geste. Sur les 15 titres, que trouve-t-on ? Des premières prises discordantes, des images impénétrables et décousues débitées d'une voix naisillarde. Et soudain, un emballement brusque, une expression isolée qui frappent l'auditeur par leurs fulgurances. Peu à peu on devine que tout cela est délibéré, que ce chaos vise à heurter, à laisser hésiter entre ridicule et grandiose. Bejar ne refera jamais les choses exactement comme elles l'avaient déja été. Quand il joue un plan un peu classique, ce sera pour mieux le malaxer, le rendre méconnaissable, forcer l'auditeur à sortir de ses repères. "This Night" se révèle peu à peu comme un grand disque radical, en implosion perpétuelle. Si le rock n'avait plus rien de neuf à apporter, cet album serait son seul suicide défendable. Qu'on soit d'accord ou non avec Bejar, l'objet demeure fascinant, gagnant en mystère à mesure que l'on découvre la richesse des contradictions qu'il contient. - F. Bacherig

>>X-Rock

Cinquième album du canadien Daniel Bejar, en congé ici des New Pornographers, dans une veine proche de Bowie circa « Hunky Dory ». 8

Après avoir mélangé Neil Young et Jonathan Richman sur son précédent opus, David Bejar poursuit son parcours folk-rock dans une relative indifférence hexagonale. Cet album pourrait bien devenir celui de la révélation, au gré de ces compositions mélancoliques, au ton souvent proches de la confession. En dépit d’influences certaines, au hasard, Bowie, le Velvet Underground ou les TV Personalities, la voix de Bejar rappelle en effet celle de Dean Tracy, ce disque possède une personnalité unique. Intimistes et souvent au bord des larmes, ces morceaux s’écoutent comme autant d’adieux aux armes. Florent Mazzoleni

>>Froggy Delight

This Night est le successeur attendu à "Streethawk : A seduction", album qui avait connu un succès critique assez important et avait permis de découvrir Destroyer en France. Pas forcément évident alors pour Daniel Bejar, seul membre permanent de Destroyer et membre honoraire des New Pornographers, auteur par ailleurs de "Electric Version" agréable album sorti il y a quelques mois déjà chez Beggars Banquet. This Night est un disque pop-folk. A la fois un disque de songwriter mais également un disque de musicien tant certains morceaux sont alambiqués, ressemblant à première vue à de l'improvisation et découvrant petit à petit leurs atouts ("The chosen few" et ses riffs façon Santana) bien cachés derrière un esprit lo-fi bien dosé. Le coté pop est surtout présent sur des chansons comme "Here comes the night" ou "Modern painters" dont les intonations vocales font penser à la fois a Will Oldham de Palace et à Tim Booth de James, mélange parfait de lo-fi et de pop anglaise. "This night" morceau folk très marqué années 70 sonne comme un improbable Bowie chanteur de folk, pas loin de Nick Drake et sur "Hey snow white" Béjar s'autorise une sorte de country blues débridé et puissant à grand coup de guitares rauques très réussi sur presque 8 minutes. Mais impossible de ne pas penser à Pavement sur "Holly going lighly" (où la voix de Daniel Bejar surprend à nouveau en jouant sur les terres de Grant Lee Phillips) ou sur "Trembling Peacock" comme sur bon nombre de morceaux. Ce mélange de styles déconcerte lors de la première écoute mais en réitérant et prenant soin d'écouter chaque morceau séparément il est aisé d’appréhender leur richesse et d’apprécier la voix tantôt fébrile et tantôt chaleureuse de Bejar qui y est sans doute pour beaucoup. Fans de Lo fi à la Pavement, ou fan de folk un brin psychédélique/glam d'une période révolue, jetez vous sur ce disque et profitez en pour réviser vos classiques avec le Streethawk que l'on peut également trouver en France par le biais de Talitres.

>>Popingays

Si le nouvel album de Daniel Bejar est moins facile d'écoute, il se laisse découvrir, néanmoins, petit à petit. Organique, spirituel et cristallin « This Night » est un album somptueusement mélancolique. Ce songwriter unique délivre son plus beau disque. Entre froideur et chaleur, on se laisse transporter de note en note et l'attention que mérite cet album n'est pas gâchée par les arrangements simples. Les nuits deviennent plus longues et la lumière que dégage « This Night » éclairera vos jours tristes et ennuyeux. Le talent de Daniel Bejar se fait plus fort de disque en disque. Filez chez votre disquaire pendant qu'il en est encore temps. Ces chansons traverseront les décennies sans prendre une ride.

>>M La Musique

Il est à parier que le nom de ce groupe n'a pas été choisi au hasard. On peut imaginer qu'à la fin des premières répétititions consécutives à la formation du groupe, quelqu'un leur a suggéré que ce son conquérant, ces guitares qu'on ne maîtrise pas et ce chant véléitaire, tout cela ma foi donnait un aspect "guerrier" à leur musique. Destroyer donc, comme l'avion du même nom. Ou les engins de chasse de "La Guerre des Etoiles", référence encore plus spatiale. Car la musique et la voix de Daniel Bejar (songez à celle de Jonathan Donahue de Mercury Rev) planent dans des sphères que peu de groupes tutoient avec autant de facilité. Et de préférence la nuit (trois titres font références à ce moment de la journée). Peu de refrains, mais de longs ponts (vers les étoiles ?) où Destroyer déploie autant qu'il le peu son art des ambiances tendues (on songe à Cure) ou flamenco ("The chosen few"). Les paroles sont étranges : "dites aux Elus que leur kangourou favori est occupé à planté des dagues dans l'obscurité" chante Destroyer sur cette chanson hispanisante. Destroyer interpelle parfois Blanche Neige ("Hey Snow White") ou fait visiter un "Pays de cristal" "où les réfugiés fuient". Plus loin, un "paon tremblant" explique que c'est à sa seigneurie de voter à la Chambre des Lords "à propos de choses qui ne changent jamais". Le groupe pousse le propos jusqu'à reproduire même le cri (chanté) du volatile. Même sans se plonger plus avant dans ses paroles oniriques ou dignes d'histoires pour enfant, il est clair que ce groupe affirme en tout cas beaucoup plus de sensibilité que The New Pornographers, "super groupe" canadien, dont Daniel Bejar, de Vancouver, fait également partie. Entre The Delgados et Mercury Rev, Destroyer ne déparerait pas trop. 8/10

>>Adécouvrirabsolument

Daniel Bejar leader de the destroyer est un homme gourmand des mots et ennemi du silence. Alors il couvre celui-ci de mots et de notes en tout genre quitte à frôler les imperfections de wayne coyne. Sincérité et humilité dans un brouillard déroutant mais rieur et plaisant, voilà comment destroyer pourrait planter sa tente. Musique jamais collé au corps, l'art de destroyer c'est d'abonder dans un sens le temps de trouver une sortie digne, mais juste quand la direction est séduisante. Pas des adeptes de la vitesse pour autant, les destroyer seraient plus une troupe marchant avec les pieds des autres ou dans les mêmes chaussures qu'une bande suiveuse. Destroyer a l'art de franck black de la grande époque (le gros son gras en moins), d'être dispendieux et de mettre cinq chansons en une seule quitte à perdre des idées en route. Panoramique et libre le son de destroyer s'arroge le droit de souffler le chaud ou le froid dés lors que l'on est dans la tente. This night est en définitive l'album parfait d'un homme partageant à plusieurs un plaisir solitaire. La nuit n'en sera que plus belle.

>>Concert & Co

This night est le cinquième album du groupe canadien Destroyer. Démarré comme un projet solo en 1995 avec l’album We’ll build them a golden bridge, le groupe est désormais composé de Daniel Bejar (songwriting, chant, guitares, synthés, piano, orgue, percussions), Nicolas Bragg (guitares lead, piano, chœurs, trompette), Chris Frey (basse, melodica, chœurs) et Fisher Rose (batterie, chœurs, violon, synthés). De facture pop/rock, les quinze morceaux qui composent le nouveau disque sont traversés par la voix étrange de Daniel Bejar. Son chant aigu et captivant rappelle celui de Jonathan Donahue pour le compte de Mercury Rev. Après quelques passages sur la platine, l’auditeur se laisse littéralement emporter par les morceaux de This night, variés et bien produits. C’est donc avec un plaisir renouvelé qu’on déambule dans l’univers foisonnant et original de Destroyer. Pierre Andrieu

>>Sur La Même Longueur D'Ondes

Cet album est passionnant. A la fois dansant et calme, plein d'allégresse et de chaleur. Les 15 morceaux sont extrêmement riches : musicalement variés et construits avec beaucoup de breaks. Les instruments sont nombreux pour s'immiscer dans chaque recoin et on trouve ici du mélodica, là du xylophone, des percus, du synthé...Loin de lasser sur la longueur, on rentre à chaque fois plus profondément au coeur des compositions. Il n'y a que des raisons de s'enthousiasmer. Daniel Bejar se révèle brillamment inspiré dans l'écriture de ses textes. Enfin, le final de The Night moves ne donne qu'une envie: laisser tourner le disque en boucle. Béatrice Corceiro

>>Pop News

Quelques mois seulement après la sortie du deuxième album des New Pornographers, sur lequel il chante trois morceaux de sa plume, revoilà déjà le Canadien Daniel Bejar avec son projet principal, Destroyer. La plupart des musiciens qui jouent sur ce nouvel album – le cinquième déjà, quoique le second seulement à être distribué en France, par le label bordelais Talitres – ne figuraient pas sur le précédent, "Streethawk : a seduction", mais la musique n'a pas beaucoup changé. Rien d'étonnant quand on sait que Destroyer a commencé comme un projet solo, et qu'il en a gardé l'esprit. On retrouve donc ici les obsessions habituelles et très personnelles de Bejar, dont les chansons sonnent comme une version intellectualisée du glam rock, dans la lignée du Bowie early 70's et de Lou Reed ("Transformer", mais aussi un peu "Berlin"). Le premier titre, éponyme de l'album, annonce le programme : voix ultra maniérée, gros riffs de guitare, breaks qui tuent, grandes glissades de piano, chœurs sans modération, ruptures mélodiques, synthés prog rock et pas loin de six minutes au compteur. Une sacrée pièce montée ; heureusement, la sécheresse analogique du son (moins prononcée que sur l'album précédent, toutefois) et la virtuosité de la construction nous évitent la crise de foie. Par la suite, Bejar met un peu la pédale douce sur l'emphase, mais ne renonce pas à ses ambitions opératiques. Le début du disque montre ainsi toute la gamme de ses talents, avec une belle guitare classique sur le sombre "The Chosen Few", un "Holly Going Lightly" qui rappelle par moments les chansons conquérantes de Grant Lee Buffalo (en français, Destroyer doit se dire "Destrier"…), et au moins un chef-d'œuvre incontestable, "Here Comes the Night" (une grande partie des titres évoquent soit l'obscurité, soit la clarté, mais ne me demandez pas pourquoi : bien qu'imprimées dans le livret cette fois-ci, les paroles sont encore plus impénétrables que d'habitude). Dommage que Bejar ait vu un peu trop grand : il faut s'appeler Tindersticks pour réussir des albums fleuves passionnants du début à la fin, et "This Night", 68 minutes, accuse une certaine baisse de régime à mi-parcours, où se succèdent une poignée de titres nettement moins accrocheurs que les premiers. Bejar se rattrape sur la fin, mais on regrette un peu les trois quarts d'heure impeccables de "Streethawk". Trop alambiqué, tarabiscoté, chantourné ? Peut-être. A l'instar du "Will I Ever Be Inside of You" de Paul Quinn ou du "Mercury" d'American Music Club – références parmi d'autres -, "This Night" semble toujours sur le point de s'écrouler sous le poids de sa propre démesure (qui, paradoxalement, s'exprime à travers une production plutôt "low budget"). Comme un magnifique bâtiment qu'on admirerait de l'extérieur, et dont on pourrait faire cent fois le tour sans jamais en trouver l'entrée. Décidément, le cas Destroyer n'est pas près d'être résolu. Vincent


DESTROYER "Streethawk : a seduction"

Revue de presse française

- Les Inrockuptibles -Rock & Folk - Magic ! - Rock Sound - Compact - Pop News - Magic Box - Séfronia - Sur la même longueur d'ondes - Soit Dit En Passant - Popingays -

Les Inrockuptibles - #340 - 04/06/02

>>Rock & Folk #417 - mai 02

En voilà, une bien curieuse chose...Pour chroniquer ce disque, le troisième d'un groupe fomenté par un Canadien - on suppose - originaire de Vancouver, on pourrait multiplier les superlatifs, lister les références, mettre le doigt puis toute la main sur les analogies. La bio qui accompagne cette parution pour le moins confidentielle se charge de cette basse besogne oubliant qu'en 2002, l'étalage nuit. De ce Daniel Bejar, on ne sait rien et qu'importe puisque sa musique dit tout. Il est indéniable, à l'écoute de "The Sublimation Hour", "English Music" ou "The Very Modern Dance", que ce drôle de type à la voix haut percée connaît ses early seventies sur le bout des ongles qu'il a peut être noirs. Sa musique rappelle bien sûr tous les parrains du glam mais aussi ses acteurs moins connus. En écoutant les chansons de Destroyer, on pense d'ailleurs tout particulièrement à celles de "The Rocky Horror Picture Show". "The Crossover" lorgne un peu vers Lou Reed, "Virgin With A Memory" ou "Helena" évoquent la naïveté provoquée de Syd Barrett, tandis que "Strike", "Streethawk I"ou "Streethawk II", en grande pompes vernies à semelle compensée, ont du Jobriath en elles et affichent une belle insolence de forme (une rupture et la guitare claire s'enfuit dans le delay). Mais même s'il fait également penser à Pavement ou The Fall, relayeurs à leur manière d'une tradition d'écriture très années 70, ce Bejar montre qu'il en a dans le collant et assume ses choix avec un foutu caractère: oser placer "The Bad Arts" en deuxième position d'un disque qu'on espère vendre à d'autres gens que sa propre famille en est bien la preuve." J. Soligny ***

>>Magic ! #59 - mars 02

>>Rock Sound

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Dan Béjar, l'homme qui se cache derrière Destroyer, a le sens de l'humour. Nommer son groupe ainsi lorsqu'on a la voix d'un David Bowie adolescent et une culture musicale fortement appuyée sur Pavement, ça demande un certain recul sur soi-même, on en conviendra. C'est que le jeune homme, originaire de Vancouver, est une sommité de la scène indie rock de sa ville, et fait montre sur "Streethawk", son troisième album, d'un aplomb remarquable. Entre l'ambiance glam-pop de Velvet Goldmine ("The Sublimation Hour" n'aurait pas déparaillé sur la B.O. du film) et le terreau fertile du rock indé nord-américain (vraiment, ses compositions évoquent souvent du vieux Pavement), Bejar déroule son spleen sardonique au gré de chansons aigrelettes et inventives ("The Very Modern Dance") pour faire de "Streethawk: a seduction" un album d'une cohérence et d'une fraîcheur fort appréciables". P. Haour (3/5)

>>Compact

Glam minimaliste. Sous ce nom se cache le projet de Daniel Bejar des New Pornographers. On retrouve donc, tout comme chez ces derniers, une musique fortement pétrie d'influences "pop glam" mais l'option retenue est une production dépouillée où, schématiquement, le piano l'emporte sur la guitare saturée. Le résultat en est plus d'espace et plus d'ampleur donnée à des compositions souvent mémorables ("The Sublimation Hour", "The Very Modern Dance"). On retrouve, surtout dans les vocaux, un apprêt précieux, inhérent au genre, mais celui-ci s'exerce sans affectation ni grandiloquence. "Streethawk" prouve ainsi, s'il en était encore besoin, que "décadence" peut rimer à la fois avec "flamboyance" mais aussi, sans qu'on y trouve à redire, avec "nuance". CF - 5 - A ranger entre Bowie et Hawksley Workman

>>Pop News

" Daniel Bejar est plus connu pour ses réalisations avec le groupe The New Pornographers, " Streethawk : A Seduction " n'en est pas moins son quatrième album sous le nom de Destroyer. " (extrait de la biographie) Ces noms ne vous disent rien ? Euh… à moi non plus. Tout juste celui de Jason Zumpano, le pianiste au nom de patron de cirque de ce "faux" groupe, m'évoque-t-il quelques vagues souvenirs. Mais comme l'album sort en France chez Talitres records, jeune label bordelais aventureux et exigeant, on jette volontiers une oreille. >> La Suite...

>>La Magic Box

Sous le nom de Destroyer se cache en fait Daniel Bejar, le leader de The New Pornographers. Si vous ne le connaissiez pas, c’est normal ; le canadien n’a pas encore trouvé beaucoup d’échos chez nous. Ce quatrième album fait donc figure de séance de rattrapage. En résumé, la première impression qui vient à l’esprit est celle d’un Bowie qui aurait rencontré Pavement, le premier pour les compositions ( « the sublimation hour » tout droit sorti des années 70) et les seconds pour la production plus low fi. Même si à la guitare folk, panoplie habituelle du songwriter, Bejar adjoint un piano droit, très bastringue.
Et puis surtout il y a cette voix, nasillarde, originale, un timbre qui doit autant à Dylan (le premier « streethawk aurait pu être écrit par le grand Bob) qu’ à Billy Corgan ou à Brett Anderson. Vous imaginez le mélange ou en tout cas, vous essayez ! Cela donne une vrai personnalité à ce songwriting par ailleurs assez classique.
Que retenir ici ? « Virgin with a memory » à la beauté simple qui retrouve l’essence d’un folk américain de bonne facture. Le Canada n’est pas loin de l’ouest américain. La longue montée de « The bad arts » et sa guitare claire. L’efficacité de « the very modern dance » où la voix de Daniel se métamorphose en celle de celle de Brett de Suede et où le piano rappelle étrangement Supertramp. La fin de « Street hawk II », plate-forme de lancement idéale pour les étoiles. Quelques moments de magie dans un monde conventionnel. Denis Z

>>Séfronia

Il existe des disques si forts, si passionnants qu'ils réveillent la nuit et empêchent de dormir, un baromètre musical des grands événements de l'année. En 2001, Lift to Experience a produit son quota d'insomnies, idem pour Brando, petit groupe américain distribué par le distributeur bordelais Talitres (sacrément efficace).
En ce moment, c'est Destroyer qui s'acharne à relever les paupières. Passons sur le nom, Destroyer n'est PAS un groupe de hard graisseux et sur la modernité : "Streethawk : a seduction" aurait pu sortir en 1972 en même temps que le "Ziggy Stardust" de David Bowie (on aurait dit la même chose en 1999 du "The soft bulletin" des Flaming Lips). Mélange de glam et de psychédélisme spatial, mais monté en sauce lo-fi par Daniel Bejar, multi-instrumentiste à la voix rouillée qui dirige ce quatrième album de Destroyer, en compagnie d'activistes de l'underground rock canadien. Les titres sont tout en mouvement, commencent souvent tranquillement pour exploser en multiples réincarnations, ici un piano estampillé Bowie 70's ("Streethawk 1"), là un glam sexy, rock & roll sans pose ("The sublimation hour") ou une pop presque anglaise assaisonnée country, genre Suede au Texas ("The crossover").
Le groupe lorgne d'ailleurs ostensiblement vers les Iles Britanniques, "English music", ou ce "Virgin with a memory" (quel titre !), du Belle & Sebastian en mieux. Mais tous les rapprochements, aussi flatteurs soient-ils, s'arrêtent là car Destroyer écrase la concurrence, en proposant dix idées par morceau et des variations partout. Le groupe donne une impression d'absence de structure, de chansons uniquement faites de breaks, comme un foutoir très bien agencé. Ils sont aussi très forts pour les Bacdf (ballades au coin du feu), mais chantées dans une maison en ruine, pas de coeur à prendre, rien de romantique là-dedans. Difficile de sortir des MT parce que le disque est homogène et que tout est très bon. Néanmoins, "Beggars might ride" est géniale. Tout en mouvement, cette ballade pop explose cinq fois en deux minutes quarante-cinq avec un orgue feutré, terrible, et une batterie qui devient un instrument à part entière. De même, "Helena" est une Bacdf de folie. Le début est calme mais, quand arrive le refrain, tout s'envole, il est scandé et chante par lui-même ("...so throw the old furnitures in the fire..."), de la pure poésie dans l'écriture sur une mélodie imparable.
Cesser d'écouter ce disque provoque de graves états de manque, en abuser empêche de dormir : putain comment dire non à "Streethawk : a seduction" ?? (Olivier Santraine)


>>Sur la Même Longueur D'Ondes

Eblouissant songwriter canadien, Daniel Bejar, rôde du côté des premiers Bowie ("Life On Mars", "Ziggy Stardust"), guitare-voix en avant, et sait s'entourer d'un groupe à la fois discret et efficace pour soutenir ses imparables mélodies. Jamais lassant, toujours étonnant et entêtant, rock dans l'âme, voila un disque qui marque. S.B

>>Soit Dit En Passant

Récemment, j'ai eu l'occasion d'écouter avec peu de plaisir le dernier album des New Pornographers (Mass Romantic, 2001, Matador Records). Le leader de ce groupe américain, Daniel Bejar, mène un projet parallèle depuis quatre albums, Destroyer, qui mérite néanmoins toute votre attention. Le nom du groupe ne cache pas, malgré les apparences, une formation hardcore. Dès la première seconde, on pense tout de suite aux Violent Femmes, dont un des titres phares s'appelle " American Music ", alors que Streethawk : a seduction contient un sublime " English Music ". Un folk déroutant et imaginatif, porté par la voix de Bejar, écorchée à souhait, et dont l'intonation est proche de celle de Darren Hayman (Hefner). Les mélodies tranchées jouent avec un sens certain de la magie harmonique. Destroyer compte cinq membres, dont Scott Morgan, qui, étonnament, nous vient de Loscil, groupe minimaliste électronique signé sur Kranky. On retrouve donc logiquement des morceaux épurés qui émeuvent rapidement : que ce soit à la guitare ou au piano, les musiciens arrivent à bâtir un climat propice à l'épanouissement auditif. C'est sous la forme de ballades initiatiques (Beggars might ride, The Sublimation Hour) ou de chansons à la mélancolie contenue ( Streethawk II) que Destroyer se délivre d'un folk lo-fi n'ayant rien à envier aux premiers Pavement.

>>Popingays

Pouvons-nous dire que le glam rock renaît de ces cendres grâce à Daniel Bejar ? (plus connu chez "The New Pornographer") Destroyer fondé en 1995 à Vancouver sort son quatrième album à ce jour. Streethawk est sortie en 2001 officiellement. Talitres Records signe encore un très bon groupe et prouve que ce label français veut que du bon (Elk City, The Birdwatcher, Brando), Destroyer va enfin pouvoir être connu en France en 2002. Revenons en à cet album "Streehawk: A Seduction". En effet, vous êtes séduit dès les premiers accords de "Streehawk 1", entre les débuts de "Pavement" et un génialissime "Ziggy" de Bowie. Nous pourrions même comparer cet album à "The Phantom Of The Paradise" Béjar se transformant en Winslow (ne lui espérons pas la même fin tragique). C'est un condensé de Glam Rock/Lo-Fi comme sur "Beggars might ride", "The sublimation Hour" où la voix et le piano sont sublimes. La voix de Bejart est unique, elle impressionne, elle vous donne le frisson, vous transporte dans un monde fabriqué de toutes pièces. Bejart monte dans des intonations parfois inaccessibles puis le break que personne ne peut attendre et nous repartons sur une autre mélodie. Ensuite des morceaux toujours très bien arrangés, vous écouterez "Virgin with a memory" guitare et voix. Bejart peut aussi composer des morceaux ultra simple sans fioritures (peut-être même ces plus beaux!), d'ailleurs vous le saurez aussi sur "Helena". Il arrive à nous toucher au plus profond de notre intimité (s'en est même parfois gênant). Pour finir, ne passer pas à côté de cet artiste ça serait dommage de ne pas avoir ce disque dans sa discothèque. Vous y trouverez que du bon. Vous serez séduit.

Revue de presse américaine

CMJ Monthly - Comes With A smile - Delusion of Adequacy - Fakejazz - Pitchfork - Time Out New York -

CMJ Monthly

Falling halfway between David Bowie's querulous howl and the feathery delivery of the Sea And Cake's Sam Prekop, Dan Bejar's whine is the first thing anyone notices about Destroyer. This observation comes partly at the expense of the backing tracks and partly because of them: Bejar's bright gasps cut through these tightly wound, hook-heavy capsules of crunch guitar ("The Sublimation Hour") and piano glitz ("The Very Modern Dance") that are so Beatles and Bowie, they're easy to overlook despite their sublime execution. It's not until you put voice and instrument together that it hits you - this is a concept album. "So put your hands together / I hear it's a must / 'Til this phony Beatlemania has bitten the dust", Bejar brays, reprising an old Clash line. And then later, "Write your English music / Run free". Streethawk: A Seduction doesn't just spring from Sgt. Pepper's and Ziggy Stardust, it's about them. Sure, it's so densely verbose that it's hard to deduce a more specific theme. But the soft "Helena" must be about the love interest, and the explosion sound-effect that ends one song must denote something, well, bad. Even if you never quite figure it out, by the album's wistful, nebulous end, what's transpired is surely more consequential, and pleasurable, than the simple classicist pop you originally perceived. Dylan Siegler

Comes with a smile

Are you ready for Destroyer ? The latest in a new wave of speed metal bands festooned with bad haircuts and rottweiller tattoos, screaming about Satan, death and destruction to the sound of frenetic fretwork. No ? Well, fear not, Destroyer, despite their name, are an entirely different proposition. A tight, no-nonsense indie band with something special bubbling under the apparently simple surface of their songs. The title track introduces Daniel Bejar's voice, a sort of cross between the lead singer of Granfaloon Bus and Will Oldham, an acquired taste certainly, but one like steak tartar that soon proves irresistible, especially when he's singing "Go or don't go" on the chorus with the kind of passion and need that' so lacking in the irony rich field of today's music. A basic guitar, bass and drum trio aided and abetted by some wondrous piano and keyboard solos, there's something so fresh and unaffected about Destroyer's music, something that keeps you hitting the Play button. Even the seven minutes Bad Arts manages to sound taut and tight as a Marine's bed. Most obvious reference point is perhaps early Pavement, Bejar sounding a bit like Malkmus' younger brother and having a similar penchant for weird song subjects, cerebral and non-personal lyrics. The Sublimation Hour is a great tribute to the uselessness of rock with a well embedded London Calling quote while Virgin With a Memory is a sprightly acoustic number with the nagging refrain of "Was is the movie of the making of Fitzcarraldo ?" The second half of this album is even more impressive, the slow agonised Farrar, Strauss and Giroux (not, unfortunately, a tribute to one half of Uncle Tupelo) spins around the refrain of "no man has ever hung himself from the rafters of a second home" - a fact that Michael Meacher should perhaps be made aware of. Ignore the name and you'll find a small and perfectly formed debut. A flash spark of friction, a splinter in the polished homogeneity of the current music scene. Stav Sherez

Delusion of Adequacy

Latest album under the Destroyer project. While 2000's Thief was one of the most under-rated, difficult-to-find, and amazing pop albums of the year, 2001's Streethawk: A Seduction is nearly as catchy and leaps and bounds forward in terms of pop songwriting. And despite the recognition Bejar received as primary songwriter of the indie rock supergroup The New Pornographers, Destroyer is where his true talents shine.

Now a full-time quintet lead by Bejar, Destroyer is first and foremost a pop band, and a simple one at that. Influenced by the 60's and 70's pop of the Beatles and Bowie equally, there is nonetheless a true indie rock aesthetic to these songs found only in the best songs by bands like Pavement and Neutral Milk Hotel. Bejar's first instrument, beyond his high-pitched voice, is the piano, and it is used here significantly. Yet it's put aside often as well to let the pop songs shine through, something that Thief wasn't always able to do.

The Bowie comparisons are evident from the piano-driven power-pop of the opener "Streethawk I," as Bejar sings "as we lay down our weapons, and sure enough, we are slain by that stuff." It doesn't quite compare to the momentous "The Bad Arts," however, which explodes (literally) at one point, recedes into gentle pop singing, and has moments of beauty and complexity. "You've got to stay critical or die," Bejar sings in the poppy, organ-filled "Beggars Might Ride," while the more emphatic rock music on "The Sublimation Hour" takes the focus, aallowin Bejar to ask "well isn't that what rock-n-roll is all about?"

Bejar shows off his penchant for literary-filled intellectual lyrics on songs like the contemplative "Virgin with a Memory" and does his best Elvis Costello impression on the very poppy piano song "The Very Modern Dance." The quiet and rich "Helena" and "Strike" brilliantly showcase Bejar's unique singing style and songwriting ability.

Some have said Streethawk: A Seduction has some kind of common theme tying it together, but Bejar dismisses that. It's just a pop album, with its retro influences and indie rock sensibilities. And with Bejar writing the songs, this album deserves recognition. Truly a marvelous piece of music, it must be heard. Jeff

Fakejazz 10/12


Dan Bejar's Destroyer has now released four albums on various independent labels, but he is most known for his contributions to the hyped-but-deserving New Pornographers album. Streethawk: A Seduction showcases Bejar's own songwriting and arrangements, carried by his unique voice and well-crafted instrumentation.
Lyrically cryptic, Destroyer songs are carried by the vocal melodies and Jason Zumpano's piano. Formerly of his eponymous band (Canada's other under-appreciated pop geniuses), Zumpano moves off the drums to drive several songs with a bright, crisp piano sound that throws back to pop music of decades past without sounding retro. Bejar's melodies are catchy as hell, especially on the seven minute opus "The Bad Arts."
His voice is fairly dry, with an odd inflection that lingers on strange syllables and occasionally just misses the mark. It sounds great with just an acoustic guitar underneath (as on the beautiful "Helena"), but it also works on more orchestrated parts like "The Sublimation Hour" or "Farrar, Straus & Giroux (Sea of Tears)." The melodies are fairly Pavement-influenced, twisting around offbeat lyrics but with a far more genuine affect.
Like a great Wallace Stevens poem, Destroyer lyrics manage to convey emotion without being directly obvious. "Virgin With A Memory" references Werner Herzog, and "The Bad Arts" actually steals a line from Joy Division. However, Bejar is anything but a reference- spouting hipster; "The Crossover" is a subtle song that would belong on Sister Lovers.
If this is a concept album, the story is utterly lost on me; the album succeeds anyway, as the suggestion of imagery works better than more explicit lyrics. The music similarly is catchy without being corny, and the arrangements are grin-inducing but not saccharine. Destroyer's pop niche is equally akin to Nilsson as to indie pop, and this willingness to break with the trends makes the album so enjoyable

Pitchfork review - Rating 8,5


Hello, friend. I see that you have come to get the scoop on the latest Destroyer record. Perhaps you are here because you are aware of Destroyer frontman Daniel Bejar's contributions to the New Pornographers. Or maybe you picked up last year's excellent Thief, and are here to see whether Streethawk is similarly worth your time and money. Perhaps you mistakenly happened upon this whilst looking for information on the "insane crushing grind band" Pig Destroyer. But the reason doesn't matter. What matters is that you're here.
Well, friend, there's something I feel I must tell you before we continue. If you came here expecting to read about traditional pop music, turn back now. Right now. Save yourself. Pop a copy of a High Llamas or Sloan CD into your stereo. Nod your head up and down to the syrupy harmonies and simple, straightforward songs. But know that there is a world where your fragile concepts of pop music cease to hold true-- where what's right isn't necessarily right, and what's wrong can be the most memorable thing you've heard in ages. This, friend, is the world of Destroyer.
If you've come here looking for more of what's on Thief, or the New Pornographers' Mass Romantic, I do not doubt that you are presently staring at the screen in disbelief. Please, pull yourself together. You may now be saying to yourself, "Wow, I don't think Streethawk is what I'm looking for." Upon first listen, you may think that this sentiment is being confirmed. "Where are the hooks?" you may wonder. "Why are the chords doing that?" Little do you know that it's only a matter of time before you'll be singing right along with it.
For you see, friend, Streethawk is pop music completely bereft of cliché, both musically and lyrically. Considering how much pop music seems to be built around trying to emulate a practically unattainable ideal, it makes perfect sense that Streethawk would initially seem distant and strange. But once you've deciphered it-- and you will-- you'll find Streethawk to be a distinctive, diverse, highly enjoyable record.
Now that I've used the word "diverse," you probably want to hear about the songs. Do not worry, friend. That can be arranged. Generally speaking, Streethawk breaks down into three varieties of song: the rockers, the acoustic numbers, and "other." "The Sublimation Hour," the best of the first group, never drifts far from a state of perpetual crescendo. Propelled by Stephen Wood's understated lead guitar and Jason Zumpano's well-placed piano flourishes, the track proves to be the album's most accessible track, as well as one of its best. "The Crossover" uses similar methods to a less dramatic extent, replacing the explosiveness of "The Sublimation Hour" with a playful swagger.
At the opposite end of the spectrum are "Beggars Might Ride," "Virgin with a Memory," and "Helena," a trio of subtle, nylon guitar-driven quasi-ballads that showcase the more whimsical side of Destroyer. But keep in mind, friend, that these are far from traditional acoustic numbers. Syllables pop in and out of places they don't belong, instrumentation changes without notice, and chords slither back and forth in combinations it's quite possible you've never heard before in a similar musical context.
And then there are the others. Mmm... others. "The Bad Arts," Streethawk's epic track, goes from a strummed uptempo acoustic number to a vaguely funky drum- and bass-driven rock song to a completely fucking beautiful meditation on reverb-soaked guitars, pounding drums, and Bejar's ethereal vocals. The song's structure is totally warped and unpredictable-- the middle section of the song seems to build to a dramatic crescendo, but when the climax finally arrives, it takes the form of a two-second blast of unadulterated noise. This is followed by a subtle transition into the song's beautiful final section, in which Bejar recites the borrowed Joy Division lyric, "You've got the spirit/ Don't lose the feeling," as layers and layers of blissful guitar wash over him.
Ah yes, the lyrics. Dan Bejar's lyrics have always been one of his greatest assets-- on his City of Daughters album, he penned such memorable lines as "Girls are great/ When grated on my plate," and "Nothing does a body good/ Like another body." On Streethawk, Bejar's lyrics are as cryptic as ever, but still remain oddly compelling. There's an apparent element of fantasy to the lyrics, as evidenced by lines like, "Streethawk tempts the huntress, let the girls go insane/ As we lay down our weapons and sure enough, we are slain." But what's really important here is that Bejar never falls into the trappings of traditional lyric writing-- in "The Sublimation Hour," he throws in an supplementary "princess," where most singers would sing "baby"-- perfectly appropriate for a man who once sang of "the inextricable failure of popular music."
So, friend, what now? Are you intrigued? Are you confused? Are you scared? Don't be scared. Sure, the chords and melodies on Streethawk may at first strike you as unappealingly random. But after having Streethawk all but stuck in my discman for over a month, I am 100% convinced that nothing on the album is unplanned. It's engaging, it's surprising, and sometimes it's a bit disconcerting, but it all seems completely purposeful, even when the purpose itself isn't entirely clear. You have been given the oh-so-rare opportunity to enjoy the work of a songwriter who has found a distinctive voice that, while clearly drawing on elements of the past, is completely his own. And that, friend, is something worth holding on to. -Matt LeMay

Time Out New York

Underground pop musicians habitually dissect the Beatles, Beach Boys, Rolling Stones and even bubblegum. Less often do they aim their scalpels at David Bowie. Presumably, that's because the most fundamental chunks of Bowie's canon are built on grandness and glamness - attributes difficult to capture with a low recording budget and minuscule fan base. And if Bowie seemed geeky wearing his Ziggy Stardust getup while adressing fainting disciples from a glittering stage, just imagine how the act would fly at a neighborhood bar.
Destroyer's Daniel Bejar - who performs both solo and with backing musicians - may not smudge his face with white goo or relinquish many hours to hairdo maintenance, but when it's cooking, his music offers a tiny, titillating take on Ziggy Stardust and Hungry Dory. Streethawk: a seduction is Destroyer's fourth album since 1996, when the Vancouver-based musician began recording fuzz-drenched folk songs that garnered him a small following among listeners appreciative of his well-honed lyrics, if not his callow songs. As he's added players to the project (and also enlisted the Canadian rock-supergroup New Pornographers), Bejar has honed his tunefulness while retaining those lyrics. At times, his nasal voice suggests fellow basement troubadours like Syd Barrett or Jad Fair; but when the singer unleashes his whiny roar - and when his four backing Destroyer are let loose - he can nearly rival Bobby Conn for glam prince of the little heards.
His theatrical Ziggyisms climax in "The Sublimation Hour". The Sweeping piano and guitars are regal enough; Bejar's voice is something else, particularly when crying lines like "Ins't that what rock & roll is all about ?" in a maner fit for stadium. The bombast may recall Billy Corgan, but the singer's minor-league status brings a sense of absurdity that's difficult not to admire, even if one can't take it very seriously. Moreover, Bejar seems to have discovered that it is much easier to sound majestic when one's budget allows for a backing band, which may or may not prove problematic when the singer hits town in the one-man incarnation of DESTROYER this month, a kind stripped of his army. Jay Ruttenberg