DAKOTA SUITE
 
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DAKOTA SUITE - Revue de presse

Les Inrockuptibles - Autres Directions - A Découvrir Absolument - Rolling Stone - Pur Jus - Popingays - Soit Dit En Passant - Novaplanet.com - Popnews - Clubs et Concerts Bx - Presto -

>>Libération - ou version jpeg

Lors du récent passage de Dakota Suite sur une scène de Francfort, le chroniqueur local inventa une nouvelle étiquette musicale : «la pop de chambre». En dépit de corrélations peu valeureuses (rock endormi ? pop fainéante ?), la dénomination n'est peut-être pas si mal choisie. Comment définir les complaintes d'un homme de 33 ans, père de famille, recouvrant ses albums de photos prises par sa femme (brins d'herbes flous sur une rivière grise, très belle), éducateur dans un centre social, arborant une mine aussi triste qu'une enclume ? Au risque de sombrer dans les superlatifs larmoyants ­ la musique de Dakota mérite mieux ­, il convient de nuancer chaque catégorie dans laquelle on serait tenté de faire entrer au chausse-pied This River Only Brings Poison, troisième album maison. Souscrivons donc à «pop de chambre», mais pour le moelleux sans mollesse, la fine dentelle ornant les contours de chaque chanson.

Liqueur. This River Only Brings Poison est à l'image de Chris Hooson, âme vibrante de Dakota Suite qui aborde ses compositions à l'ancienne, épaulé par le producteur Richard Formby. Liqueur douce-amère aux reflets satiens, cela donne autant de notes de piano clairsemées, d'entrechats de guitare malade, de mots soupirés. «J'écris sur ma vie et mes frustrations, détaille Hooson. La littérature est aussi très importante, des auteurs comme Bukowski ou Richard Ford. Mes textes viennent de ce que je ressens intimement et qui est souvent négatif.» Pas très guilleret le garçon, dans ses textes comme dans la vie. «Je travaille auprès de délinquants sexuels. Auparavant, j'étais éducateur dans un centre social qui accueille des alcooliques en phase terminale. Avec les violeurs, c'est plus instructif, les alcooliques ne faisant que mourir, ce qui finalement est un peu ennuyeux.»

Le duo est né il y a une poignée d'années dans la banlieue de Leeds, en Angleterre. Dakota Suite, du nom de l'immeuble new-yorkais qu'habitait John Lennon avant de se faire tuer, entretient un faux sens : on imagine une énième formation yankee portant guitare en bandoulière et chemise de bûcherons, limite Americana et bottes en peau de vache. Mais Hooson cache son jeu, et son aversion pour le néo-country-folk qui germe à tout va: «Il y a peu de chose que j'aime musicalement, mais rien que je déteste plus que le folk. Le seul songwriter à me fasciner demeure Tom Waits, qui reste à la marge du folk et du rock.»

Hard rock amorti. En dépit d'une absence totale de fantaisie, les ballades des Dakota demeurent propices aux errements, toutes inspirées du jazz qu'Hooson adopta, en musique de chambre: «J'ai été très marqué par les Beatles, avant de m'orienter complètement vers des musiciens comme Bill Evans, Keith Jarrett, ou Susannah Bakker. Mais j'aime tout autant Back in Black d'AC/DC. En définitive, j'adorerais pouvoir jouer du hard rock. Mais il n'y a rien de plus dur à écrire.» Ce qu'il parvient pourtant joliment à faire dans This River Only Brings Poison, mais en version amortie, parfait disque de saison. Bruno Masi

>>Les Inrockuptibles

Les chants tristes et beaux d'un orfèvre anglais épris d'Amérique.

Il y a quelques années, l'Anglais Chris Hooson - homme seul de Dakota Suite - enregistrait pour les funérailles d'un ami, le somptueux Navigators Yard, une messe solennelle et poignante qu'on aurait volontiers rangée dans le bac des plus délicates productions du label ECM. Joyeux drille, Hooson a également intitulé un disque particulièrement abattu The Way I'm Sick ("Ma façon d'être malade"), un autre, à peine mieux pourtant, Alone With Everybody ("Seul en toute compagnie"), un troisième effondré Songs For The Barbed Wire ("Chansons pour une clôture en barbelé"). Tous titres surpassés par cet optimiste This River Only Brings Poison ("La rivière n'apporte que le poison"): seul Leonard Cohen partage un humour (?) aussi sépulcral. Sauf que Leo, au quotidien, ne travaille pas dans un centre de désintoxication de la ville le plus sinistre d'Angleterre: Leeds. C'est en compagnie d'autres subtils metteurs en scène de la mélancolie et des vastes espaces désertiques - Tim Mooney et Bruce Kaphan, des regrettés Californiens d'American Music Club - que Chris Hooson libère aujourd'hui ses papillons noirs. La rivière qui coule au milieu de cette american placide est peut être contaminée, mais ses rives sont luxuriantes, accueillantes: violoncelle, harmonium d'église, orgue barbare, mellotron ou cuivres rares dulcifient ainsi le poison amerqui suinte de ces chansons psalmodiées plus que chantées. On connait ces rives sacrées: on y a déja croisé Spain, Tom Waits ou Red House Painters, tous venus laper cette eau viciée. Toujours porté sur la gaudriole, Chris Hooson a ici intitulé un chanson Let's Share Wounds ("Partageons nos plaies"): en toute confiance, on tend ses croûtes. JD Beauvallet

>>Autres Directions

"Les artistes venant de Leeds semblent être riches (en quelque sorte) de blessures sentimentales qui les rendent si mélancoliques. Les paysages musicaux de Yorkshire sans doute, quelque chose comme ça. Hood et leurs amis nous les ont rendus si familiers. Depuis plusieurs années, et une discographie touffue (essentiellement chez Glitterhouse), l'homme de Dakota Suite, Chris Hooson, en a offert des mises en abîmes musicales plus folk pour le moins réussies et revient avec This River Only Brings Poison. Enregistré à San Francisco en compagnie d'ex-American Music Club, ce troisième album a emprunté à la musique des californiens leurs batteries en deuil (équilibristes plombées de chagrin), leur son si particulier et quelques autres éléments. Mais là où le groupe de Mark Eitzel gardait toujours une certaine légèreté, une simplicité dans son expression (et même dans leurs morceaux rock), Hooson de son côté aime à charger un peu plus ses compositions : trompettes brisées somptueuses (Boats In A Sunken Ocean), clarinette étouffée, piano seul (The Finished River), duo de voix évoquant Low (Sand Fools The Shoreline), harmonium de fête déserte (Verdriet)... Mais l'effet n'est jamais lourd, et l'implication de Hooson touche en plein coeur. This River Only Brings Poison est sans doute l'un de ces disques de rédemption, aux émotions percutantes et au coeur ouvert. Un disque qu'Hooson a dédicacé à son amour et aux fruits de cet amour". stéphane

>>A Découvrir Absolument

"L'hiver est rude, et la fonte des neiges ne devrait pas arranger l'état de nos rivières. Celle de Dakota suite étant la seule à drainer du poison, le redoux n'est pas souhaité. Mais viendrait il ce redoux, car si on est bien dans ce troisième album de Dakota suite, voir très bien, comme sous une couette, un feu de cheminé et le bois de la charpente qui craque, la chaleur est rare. Dakota suite c'est Chris Hooson, voisin de David Gedge mais parent de cette musique sombre de notre Amérique préférée, celle qui va de Low à Will Oldham en passant par American music club (Bruce Kaplan participe à l'album). Mélangeant la lenteur de Spain et la mélancolie urbaine et nomade de Mark Eitzel, Chris éprouve la symbolique de la rudesse de l'hiver. Cette ambiance quasi lunaire renferme des trésors de raffinement dans l'habillement. Finement ciselé l'ensemble de ce disque rentre soyeusement dans le lit qui lui est prédestiné, et nous de nous balader via the ferris wheels of winter accompagné de trompettes enchanteresses. La première caresse de l'année hautement empoisonnée par cette rivière. Le poison de l'addiction. Laissez vous porter". GDO

>> Rolling Stone

"Non, la country n'est plus la chasse gardée des Yankees !

Contrairement à ce que sa musique laisse à penser, Dakota Suite vient d'Angleterre, plus précisément de Leeds. A croire que pour son leader Chris Hooson, les plaines du Yorkshire et du Lancashire n'ont rien à envier à celles de l'Oklahoma ou du...Dakota. On l'aura compris, la musique est ici le reflet de paysages aussi bien mentaux que géographiques, de la country au sens propre. Dakota Suite chante, avec un accablement palpable, la perte, le chagrin, l'aliénation, sur un lit de guitares acoustiques fourbues, de pedal-steel anesthésiées". "...." L. Garcia

>>Pur Jus

Voilà un groupe qui tout comme The Dirty Three ou bien Rachels manquait désespérément à ma pauvre culture musicale dans la catégorie "slow"-quelquechose, "post"-machin. La seule info que j’avais eu jusqu’alors : "c’est très beau mais tellement triste et déprimant". Et c’est bien le genre de qualificatifs qui me fait tendre l’oreille et fermer les paupières. >>la suite

>>Popingays

Originaire de Leeds, Chris Hooson travaille à plein temps en tant que conseiller dans un centre de réhabilitation. Mais bien-sûr ce qui nous intéresse ici, c'est lorsqu'il officie sous le nom étrange de Dakota Suite pour sortir son troisième album, This river only brings poison. Entre folk lent et post-rock, Dakota Suite distille un flot calme aux sonorités boisées, tout en clair-obscur, à l'image des magnifiques photos en gris et blanc prises par la femme de C. Hooson pour illustrer l'album. >>La Suite

>>Soit Dit En Passant

"This River Only Brings Poison", parfois jazzy, permet un discernement étonnant entre ce qui est simplement beau et ce qui laisse sans voix. Parfois à pleurer, toujours frissonant, cet album atteint des sommets de profondeur et, par deux fois au moins (Pillows in the Water, The ferris wheels of winter), saisit la perfection à pleines mains. "This River Only Brings Poison" est l'album de la semaine dans SDEP! (27 janvier 2003) >>La Suite

>>Novaplanet.com

Angleterre, déprime et nostalgie. Trois termes qui collent ensemble, même si on a tendance à rajouter excentricité et gelée verte.

Du coup, outre avoir un boulot qui doit le mener régulièrement à la déprime, Chris Hooson, conseiller dans un centre de réhabilitation, a décidé de mettre en musique son mal-être et sa mélancolie. On peut d’ailleurs considérer que ce n’est pas un si mauvais signe : si ses patients étaient vraiment violents, il aurait probablement commis un disque de punk ou de death metal! En tout cas, il a décidé de prendre le grand air et a enregistré à San Francisco. On ne peut pas vraiment dire que ça s'entende dans ce disque plutôt calme qui mélange country, pop, ballades tristes et états d’âmes plus ou moins difficiles. Entre morceaux chantés et instrumentaux purs, avec gratte sèche ou piano, un univers triste et doux-amer assez addictif... selon votre humeur. RSC

>>Popnews

Rarement disque aura si bien porté son titre, si peu trompé son monde : à n’en pas douter, le groupe mené par Chris Hooson semble baigné ici par un fleuve dont le nom est Léthé, fleuve mythique qui distille l’oubli comme le seul poison capable d’adoucir les blessures d’une existence douloureuse. L’atmosphère languide qui se dégage de cette longue suite de morceaux anémiés, bribes disjointes d’un folk asthénique, est une atmosphère de lente dérive, de celle qui vous saisit lorsque vous vous perdez dans une rêverie morbide ou le désir triste de la fuite, une sorte de post-scriptum au "Dead Man" de Jarmush : "take your thoughts to the river, take your feelings to the sea, and watch them float away" ("conduis tes pensées à la rivière, tes sentiments à la mer, et regarde les flotter vers le lointain" sur "pillows in the water"). >>la suite

>>Clubs et Concerts Bx

Originaire de Leeds, berceau du regretté Wedding Present, Dakota Suite fantasme le territoire musical américain comme Herman Düne et autre Amor Belhom Duo. Enregistré entre San Francisco, Fremont et Nashville, "This River Only Brings Poison" déroule 13 titres alanguis et boisés, nuancés par de subtiles touches de cuivres et de cordes. Si la délicatesse de l'entreprise évoque par moments les compositions extatiques du Spaklehorse de Mark Linkous, voire les chemins de traverse empruntés par le Giant Sand d'Howe Gelb, le référent évident à l'œuvre est bien le mythique "Trinity Sessions" des Cowboys Junkies, étalon suprême d'un certain slow rock empreint de style country & western. Sans atteindre le lyrisme de Neil Young ou les ambiguïtés de Silver Jews, voici bien un opus modeste et convaincant pour patienter jusqu'au "Monster & Everyone" de Bonnie Prince Billy.

>>Presto

De ce groupe originaire de Leeds (Angleterre), je ne connaissais que le versant orchestral sublimement reflété par le sombre Navigators Yard paru en 1999 et l'ample The Way I'M Sick (2001). Aux confins du rock et des musiques nouvelles, DAKOTA SUITE nous emmenait là où seules des exceptions comme les Rachel's s'étaient aventurés. Avec ce This River Only Brings Poison DAKOTA SUITE se présente sous un aspect plus chantant et narratif. Pour situer cet album sur une carte musicale, on dira qu'il se situe aux confluents et influences d'American Music Club (2 membres de ce groupe participent à l'album), Spain et des Red House Painters. Et c'est là qu'on voit toutes les âmes en peine se lever, car oui l'année s'annonce sous le signe de ces délicats ombrages. Ici le noir se fait délicat et on est à des années lumières de la souillonne mais réjouissante scène anti-folk. Ici c'est du songwriting à l'ancienne, interprété par des types qui sont restés cloîtrés dans leur chambre à pleurer sur leur sort et à saigner sur leur guitare. Alors lorsque Chris Hoonson (Mr Dakota Suite) s'est rendu à San Francisco et Nashville pour enregistrer cet album de maniaco, c'est le brouillard et la moiteur qu'il a couché sur les bandes, le jazz west coast et la country du Tennessee, des notes et des maux • FÉVRIER 2003 Bertrand LANCIAUX