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Avec Televise, Calla ouvre
un nouveau chapitre de l'ennui routier. Pourtant, Strangler, le
premier titre, laisserait croire le contraire : une panoplie décousue
de guitares, complétée par la voix baryton d'Aurelio Valle saisie
dans une colère vengeresse. Et puis, plus rien. Comme si l'on passait
les quarante minutes restantes dans un couloir sombre, à écouter
la même litanie. Beau second rôle, dans la veine folk urbain, aux
côtés d'autres National ou Elk City, Calla construit, en guise de
troisième album, dix titres d'une monotonie qui ferait passer Jonathan
Livingston le Goéland pour une batucada effrénée. Mais ce qui
pourrait à la longue peser devient finalement le sel de l'affaire.
Televise permet de se repaître complaisamment de ce qui nous sied
le plus : un entre-deux mou, sans fulgurance mais parfaitement rapiécé,
avec une ou deux coquetteries là où l'on s'apprêtait à les entrevoir.
On avance en terrain conquis. Nul besoin de se baisser, le film
est devant nous.
A l'aveugle. Ledit film est celui de trois
copains de fac prenant la route à Austin, Texas, pour gagner New
York en une nuit. Conscients que le Texas a trop à faire pour leur
laisser une petite place au soleil. Aurelio Valle : «Cet Etat
peut donner beaucoup d'inspiration, et aussi devenir l'endroit le
plus ennuyeux du monde. Nous avons débarqué à New York à l'aveugle
en pensant que c'était la seule ville où quelqu'un était susceptible
de nous comprendre. New York a vu graviter le Velvet Underground,
Patti Smith et Sonic Youth... Problème : nous sommes arrivés quelques
années trop tard.» En 1997 exactement, à Brooklyn, après leurs
premières armes au sein de diverses formations du Sud profond. Deux
premiers albums dont Televise s'annonce comme le digne successeur,
plus mature : «Avec le temps et les épreuves, nous sommes
devenus plus que de simples amis: une vraie fraternité nous unit.
A 30 ans, l'urgence de montrer ce dont nous sommes capables se fait
plus pressante. Jusqu'ici, je me sentais surtout guitariste. La,
ma voix et mes mots ont trouvé leur place dans Calla.»
Trinité. Une jeune femme en plein songe,
les faux-semblants de l'existence ou quelques désillusions : les
textes, sans être traumatiques, fonctionnent tels une usine à rêves,
où traînerait en permanence quelque chose de maussade. Pas vraiment
sale, mais pas très propre non plus. Avec pour trinité propitiatoire
«Presley-Dylan-Neil Young», Calla s'inscrit dans une lignée rock
traditionaliste, et dans celle, plus récente, d'une avant-garde
risque-tout. Comparse de Tarwater ou de Pan American lors de l'enregistrement
en 2002 de la compilation Custom : The Remix Project, assurant les
premières parties de Sigur Ros, Luna et surtout Godspeed you Black
Emperor !, ils émargent à une petite famille de mercenaires aventureux
tentés de briser les schémas de composition, au profit de mélodies
moins défrichées. Un folk-rock cinétique, gavé d'images de voyage
et de ténèbres.
>>Les
Inrockuptibles


>>Magic
!
Aucun besoin de faire du bruit, de jouer vite
et même de crier pour susciter un sentiment d'urgence. Pour donner
naissance à une musique dangereusement vitale. Aurelio Valle (chant,
guitare), Sean Donovan (basse, clavier) et Wayne Madruger (batterie),
réunis depuis la fin des années 90 sous le nom de Calla, l'ont parfaitement
compris. En témoigne ce (déjà) troisième album imaginé par ces Texans
installés en plein cœur de Brooklyn. Bien loin du wawknwall méchant
qui sévit de nouveau dans la Grosse Pomme, ce groupe énigmatique
a donc préféré le silence, les notes espacées, les tensions suggérées,
les mélodies opiacées. Pour cela, on serait tenté de rapprocher
Calla de Codeine, autre trio fondamental, dont le seul tort fut
d'être né trop tôt et d'avoir eu à se débattre sans succès au milieu
de formations grungesques aux bras trop gros avant de périr étouffé.
Entre crépuscule bleuté et aurore argentée, les dix compositions
ici présentes imposent ainsi leur fragilité avec majesté, plongent
l'auditeur dans un trouble angoissé. Avec sa dimension mélodramatique
(l'intro de Astral, tout bonnement renversante), sa nudité sobrement
magnifiée par quelques touches d'électronique abstraite (As Quick
As It Comes/Carrera et sa rythmique façon battements de cœur), son
minimalisme en forme de trompe-l'œil (Surface Scratch, très beau
final acoustique), cet album aurait tout aussi bien pu être l'œuvre
d'un Radiohead sous perfusion, luttant pour ne pas s'évanouir.
Mais, surtout, finit par être est l'un de ces (désormais trop) rares
disques qui donnent une indicible envie de devenir insomniaque.
Christophe Basterra ooooo°
>>Rolling
Stone
Calla est un trio de Texans exilés à
Big Apple, quasiment inconnu en Europe bien qu'ayant déja
assuré les premières parties de Sigur Ros, Nick Cave
ou Godspeed You ! Black Emperor. Joli coup donc pour le vaillant
label bordelais Talitres puisque le groupe pourrait bien voir
très vite sa côte grimper ostensiblement. Televise
atteste en effet d'un savoir-faire et d'une maîtrise assez
bluffants dans un registre volontiers grave, voire dramatique. Calla
joue juste, sans fioritures, et s'y entend comme pas deux pour bâtir
ce que les anglo-saxons appellent a mood: autrement dit une ambiance,
une atmosphère, le plus souvent morose (que des vocaux plaintifs
surlignent encore), et parfois baignée d'une colère
froide qui ne demande qu'à exploser. Ce programme "televisé"
ne devrait pas manquer de séduire les amateurs de rock sombre
et habité. Laurent Garcia.
>>Novaplanet
Tout en tension ! La tension qui sous-tend tout
ce disque. Dans un registre pop orienté atmosphères sombres et crissements
de guitares en souffrance, Calla livre un disque qui imprègne d’une
pellicule un peu poisseuse, bizarre. Ce trio new-yorkais a été créé
en 1997 par trois originaires du Texas, qui ont, contrairement à
d’autres, planqué leur stetson et les tiags à éperons. Il faut dire
que le clavier et le batteur ont débuté dans un un duo expérimental
électro-acoustique, loin des guitares country et du violon coincé
au milieu de la poitrine. Ils signent ici le deuxième album du groupe
Calla, et font régulièrement à la ville, les premières parties de
groupes tels Godspeed You Black Emperor ou encore le fameux Nick
Cave. Ils tiennent d’ailleurs des deux. Le côté expérimental et
tordu du premier, et l’atmosphère sombre de Cave, le tout porté
par la voix ténue, et tendue (toujours) du chanteur. RSC
>>Episode

>>Adcouvrirabsolument
Avec sa voix à la limite de la rupture et son
chant élastique et lascif Aurelio Valle, le chanteur de Calla brouille
les pistes déjà pas mal tortueuses de calla sur Televise. On a beau
toujours chercher à faire des rapprochements plus ou moins hasardeux,
là Calla cache soigneusement ses influences ne facilitant pas la
vie du chroniqueur, conscient malgré tout de faire face à un disque
marquant. Monument qui porte à merveille son nom délivre en plus
de trois minutes un élément de réponse. Un brin de beat electro-cheap
et crasseux à la mode teutonne, une partie de tennis entre une guitare
acoustique mutine et un riff de guitare tendu mais flottant, cocktail
tendu et explosif pour un puits d'énergie rentrée. L'album en s'ouvrant
jetait une passerelle entre calla et interpol (les deux groupes
vont d'ailleurs tourner ensemble prochainement) mais c'était une
fausse piste, tout comme celle on l'on entendrait sur don't hold
your breath, avecle fantôme de cure pour peut que l'on fasse abstraction
de nos préjugés prétentieux. Inutile de chercher partout donc une
once de plagiat ou de suivisme ici, car ce qui fascine chez calla,
outre l'installation d'atmosphère quasi dans le dénuement (pete
the killer) c'est son aptitude à changer progressivement un morceau
digne d'un moineau rachitique et déplumé en phénix impressionnant
comme sur le magistrale A squick at it comes ou encore sur televised,
tendu comme en arc, nous envoyant des flèches assassines dans nos
oreilles par le biais de mélodies accrocheuses. Ces flèches qui
d'ailleurs peuvent se transformer de moteur d'un morceau en brouilleuses
de folk song parfaite, parasitant tout à l'aide d'une batterie puissante.
Televise, est un mystère et pas seulement par sa pochette sublime
et intrigante, non Télévise impressionne par son nombre de zones
d'ombre et de direction à mettre en lumière ou emprunter. Calla
signe un grand disque pour ce début d'année, qui, en plus de son
épais brouillard à transpercer, recelle les parties de guitare les
plus accrocheuses du moment, hypnotiques et brutales. A découvrir
absolument sans attendre.
>>Soit Dit En Passant
Monument
CALLA Televise Le rock mélodramatique de Calla
risque de faire des émules. Le troisième album du trio new-yorkais
contient une palpable et dévastatrice tension sombre, combinée avec
une puissance mélodique apaisante et ce chant si séduisant. L'album
agit en profondeur sur l'auditeur, le place sous hypnose et lui
assène à coup de guitares tordues et pénétrantes des morceaux traumatisants.
Le son de Calla semble bien lui appartenir, et l'on apprend rapidement
à prendre ses repères. La guitare et le chant d'Aurelio Valle sont
les premiers éléments à relever toute notre attention: Strangler
pénètre sauvagement l'esprit et fait figure de tube potentiel pour
l'hiver. On remarque alors ces bribes d'électroniques, la densité
des lignes de basses et une batterie qui martèle la cicatrice à
peine née. Strangler n'est plus alors un simple tube. Les instruments
se répondent, les distorsions de la guitare sont caressées par les
vocaux. Tout se fait magnifiquement écho. Le groupe semble autant
inspiré par My Bloody Valentine ou Joy Division que par le Radiohead
de The Bends et crée son propre rock, un rock pour l'évasion,
un rock torturé et trop rare. Monument et Breath complètent
un début d'album ahurissant. Ce son, donc, et cette manière de s'adresser
à l'auditeur, de lui insuffler son énergie. Cette tendance aussi
à faire jaillir des images, à les projeter en l'air et à vous demander,
l'air de rien : 'de quoi souffrez-vous?'. Les perles s'enchaînent.
La séduction passée, c'est un autre sentiment qui naît, et une certitude,
Calla a toutes les cartes de son succès en mains et détient les
morceaux de son succès. Que ce soit dans les méandres sauvages de
Strange ou à travers le jubilatoire Televised, Calla ne relâche
pas la pression. Blessure et émotion pour l'exquis et final 'surface
scratch', sublime envolée, sublime mélancolie. Porté par dix titres
homogènes, splendides, inoubliables et uniques, Televise est
plus qu'un disque de la semaine, c'est le premier classique
de 2003. Q. Deve
>>Prémonition
Entrer dans "Televise", troisième album du trio
texan basé à Brooklyn, n'est pas aisé. L'auditeur peu scrupuleux
serait tenté de le classer rapidement dans la catégorie des somnifères
puissants ou, s'il est déjà familier du groupe, le trouver probablement
moins personnel ou intimiste que "Scavengers", lui-même moins original
que le premier, éponyme. Or la persévérance est de mise ici. Car,
hormis Strangler, Customized (superbe titre pop folk sombre légèrement
electro) et Televised qui sont les morceaux les plus groovy, "Televise"
est tout en lenteur et subtilité et se révèle être au fil des écoutes
un petit chef d'œuvre d'une beauté frêle et assez glauque. Entre
Low et les Warlocks ou Black Rebel Motorcycle Club et Godspeed You!
Black Emperor (voir le crescendo final de As Quick As It Comes/Carrera),
Calla creuse le chemin esquissé précédemment en allant plus loin
dans son univers faussement langoureux. À l'image de la voix d'Aurelio
Valle qui semble toujours sur le point de se fêler pour se taire
à jamais, tout est murmure, complainte et douleur à expier, les
mélodies délicates ne faisant qu'accentuer la bruine glaciale qui
se dégage de ces textes pessimistes, souvent sibyllins. Et l'on
se surprendrait presque à vouloir refermer par pudeur une porte
ouverte par inadvertance sur le désespoir de cet homme. Alors que
ce serait tourner le dos à un album finalement sublime. Catherine
Fagnot
>>Pop
News
Entre le recueillement des fidèles à l’église et
la furie des punks au fond du garage, immaculée, vibrante, terroriste,
introvertie, explosée, la musique de Calla est tout cela à la fois.
Quand j’ai vu pour la première fois le trio sur scène, il était
question de bruit et de fureur, de violence mal contenue, de distorsion,
de sons assourdissants planants au-dessus du public abasourdi, émerveillé,
conquis. Toute l’énergie latente de New York dans un seul et
même groupe. On attendait de retrouver cela depuis Television et
enfin ça y était, Calla prenait le relais. Avec Televise le
niveau sonore baisse d’un cran mais l’énergie est toujours là, difficilement
contrôlée, elle bruisse, siffle, s’immisce, passe là où on ne l’attend
pas, explose en plein silence, assourdit par sa simple présence,
comme sans le faire exprès. Il y a sur cet album le sentiment
bizarre d’une révélation, d’une illumination. Après de longues
et laborieuses réincarnations Aurelio, Wayne et Sean ont atteint
le nirvana, la plénitude et prennent le temps d’expliquer leur parcours
en 10 chansons qui racontent leurs épreuves, les succès, les échecs,
les retours en arrière. Car sur Televise rien n’est fixe, tout est
mouvant (émouvant) le yin et le yang se débattent et parviennent
à un équilibre fragile et beau. Le trio se plonge au plus profond
de mines obscures et infernales pour en ressortir marqué par l’épreuve
mais avec en mains les plus belles pierres précieuses. Hypnotique,
irrésistible, surpuissant, envoûtant et enrobé de fumée et de brouillard
magique Televise cherche les points communs entre le dépouillement,
l’immédiateté du folk et la sophistication, l’envoûtement de My
Bloody Valentine. Gildas
>>I-Musik
Il y a des jours comme ça où il est temps de prendre
les choses en main pour réparer quelques injustices dont le monde
du rock est si friand. Il est l'heure de plonger dans la mélopée
cristalline de Calla dont le troisième album (distribué en France
par Talitres (Walkmen, elk city, Dakota suite)) se révèle d'une
beauté souvent hors norme (le superbe "Don't hold your breath").
En mêlant l'électricité dense de leurs guitares (façon Mogwaï par
moments) à une écriture romantique (terme non péjoratif avec Calla)
qui agit comme un songe sombre et féerique à la fois, Calla nous
offre un disque superbe, sorte de folk électrique, et qui nous élève
peu à peu en envahissant la pièce ("As quick as it comes/carrera").
Si "Televise" semble si réussit, c'est qu'il ne laisse aucun sentiment
s'implanter durablement. Les changements de décors sont quasi-permanents
(le passage de la comptine sombre de "Alacran" vers le rock urbain
de "Televised"), et ce disque apparaît comme un champs de bataille
entre la voix de Aurelio Valle posé, rêche et les instruments qui
se contorsionnent à l'infini ("Customized") agrémentés parfois d'une
touche électronique ("Monument"). Mais un champs où les mélodies
ont leurs places au premier rang ("Strangler"). Alors que beaucoup
esquissent déjà ce genre de figures sans que l'ennuie ne cesse de
guetter, Calla parvient à éviter ce genre de piège et fait ainsi
de "Televise" un disque plein de ressources. S'ils ont une recette,
qu'il la conserve un long moment afin qu'on puisse faire dans les
années qui viennent un bout de chemin avec eux. Harry
>>Jade
Web - http://www.pastis.org/6piedssousterre/jade.htm
Je ne connaissais de ce groupe qu’un des ses
albums antérieurs Scavengers sorti sur Quatermass, album OVNI dans
la production plus électronique du label, album qui pourtant m’avait
laissé une forte impression. Les ponts ont vu l’eau s’écouler sous
leur jambes arquées ; pour autant la voix élimée de Aurelio Valle,
les spirales d’arpèges sombres de Wayne Magruder les lents échos
d’orgues et la pondération de la basse de Sean Donovan, ont gardé
cette même intensité, ce même rapport direct aux choses, essentiel.
La belle confiance offerte à Talitres présage de
bonne chose, le label n’a jamais été démenti dans la qualité de
ses choix artistiques (depuis Elk City jusqu’au récents albums de
Dakota Suite).
Televise diffuse une douce torpeur, où la rythmique,
presque jazzy conjugue ses chaloupements dans un intime rapport
au timbre chaud du chanteur. La ligne de guitare pointe les mélodies
célestes et les transperce, nous laisse gisant sur le sol, comme
mort.
On retrouve le riche appétit pour les arrangements
de Novak, des accointances également avec Tram, ou 33.3 plays music
(à ceci près que la basse a remplacé les violons ) mais surtout
l’esprit de délition et d’obscurité présent chez Mogwai. L’apaisement
a besoin de l’opacité nocturne pour étendre son règne, prendre possession
de son territoire. Calla est son ambassadeur et nous sommes ses
serviles auditeurs… Superbe. JJ.
>>Popingays
Trio new-yorkais, Calla a déjà assis sa réputation
sur scène, en assurant les premières parties de groupes comme Godspeed
You Black Emperor !, Nick Cave, Sigur Ros ou dernièrement Interpol.
En tout cas sans avoir assisté à ces prestations, on devine, à l'écoute
de ce troisième album, un groupe forgé sur scène, mais surtout réussissant
à retranscrire sa personnalité sur disque. Calla impose en effet
un rock exigeant, ne reniant pas les origines expérimentales du
groupe. Jouant des larsens et de bruits en tous genres autant que
des silences, ils installent une atmosphère sombre, parfois pesante,
d'où émane le chant fragile d'Aurelio Valle. Les arpèges délicats
viennent planer sur les rythmiques tantôt cotonneuses (Monument,
Pete the killer), tantôt syncopées (Televised), avant que les mêmes
guitares ne viennent hurler au terme de progressions hypnotisantes
dignes de Mogwai, comme sur As quick as it comes/Carrera, sublime
moment de grâce de l'album. Même la ballade acoustique finale finit
par être tourmentée par une guitare électrique distordue… Bref,
autant de compositions qu'on imagine prendre une dimension encore
supérieure sur scène. A quand la tournée en France ?
>>Pinkushion
Certainement la formation la plus mélancolique
ayant émergé sur la scène rock new-yorkaise ces dernières années,
le spleen de Calla ne nous apporte pas moins du baume au cœur. Voilà
deux ans, le second album du trio, Scavengers, avait fait son petit
effet avec notamment une reprise atypique d'un titre de U2 période
The Unforgettable Fire ("Promenade"). Le groupe n’a pas chômé depuis
avec la parution d'un split single en co-affiche avec les excellents
Walkmen, puis suivit d’un album de remixes où le trio se laissait
aller à des expérimentations électroniques en compagnie d’alliers
sûrs : Tarwater, Pan American, I-Sound… Rien de bien mémorable mais
qui eu le mérite de faire patienter son public avant de retourner
aux choses sérieuses avec un vrai nouvel album.
Televise, troisième album donc de ce groupe
formé il y a déjà six ans, tient toutes ses promesses et renforce
les fondations. Ce qui séduit d’emblée chez Calla, c’est qu’on
sent une conscience derrière cet effort discographique ainsi qu'une
volonté d'éviter de tomber dans la facilité. On a affaire a des
musiciens intelligents, capable d’explorer de nouveaux chemins mélodiques
tout en évitant de ressasser des formules maintes fois épuisées.
Ainsi, Televise se divise en deux parties. La première
moitié de l'album est très silencieuse, minimalistes même si le
mot d'ordre est toujours centré sur une certaine gravité. Dès "Strangler",
le ton rappelle un Radiohead qui s'acharnerait à ne composer que
des "Street Spirit". Il se dégage de ces chansons calmes - où quelques
vagues larsen viennent planter le décor - une fausse sérénité qui
pourrait imploser à tout moment. Mais c'est finalement à la moitié
de l'album que les chansons se font plus agitées. La rage intérieure
est accentuée par la batterie qui occupe davantage l'espace. Sur
"As quick as it Comes", les guitares prennent le dessus avec un
motif mélodique qui revient nous hanter tel un fantôme. Et puis
le chant un peu limité d'Aurelio Valle - il parle plus qu'il ne
chante - finit par séduire et colle bien avec l'ambiance générale.
Finalement, on se dit que Calla a davantage à
voir avec un Talk Talk période "Spirit Of Eden" pour sa manière
d'exploiter les silences - une tache pas si facile à maîtriser pour
un groupe à guitare - qu'avec le reste de la scène garage rock new-yorkaise.
Un trio qui se bonifie avec le temps et sait mieux se faire maître
d’ambiances. Et si cet album demande quelques écoutes répétées pour
prendre toute son ampleur, il y a de fortes chances qu'il perdure
mieux que d'autres du même créneau, actuellement sous les projecteurs.
Paul Ramone, le 10 Mars 2003
>>Clarknova
Originaire du Texas ce trio New-yorkais d’adoption
nous présente ici leur troisième opus " Televise ".
Après avoir tester plusieurs styles et formations
chacun des membres se retrouvent dans Calla 1999.Televise est un
album plus mélodique moins rageur. Ou des volutes électroniques
se mèlent aux superbes composition pop neurasthénique et à la voix
fragile, en suspension de Aurellio Valle.Un disque plein de surprise
qui se dévoile après plusieurs écoute.
L’album de remix custom : The remix project avec
la participation de Tarwater, Pan American, I.Sound à du faire prendre
conscience au trio de leurs possibilités sonores. Ces musiciens
ont un CV des plus alléchant ayant participés à des projets surprenants
et plus que louablescomme Crumbles Recovery qui regrouper B. Magruder
et S. Donovan d’un un duo electro-acoustique ou encore la mise en
place du projet S.E.M par Donovan. Projet en collaboration avec
Peter Kolik regroupant le travail de plus de 30 Artiste.Wayne et
Aurelio rejoignirent eux Pete Gannon au sein de Factory Press.
Toujours en ébullition les membres de Calla ont
acquis une maturité musicale et un sens de la composition nourrit
par ces aventures diverses. En tout cas Televise se révéle être
l’une des surprise de la rentré avec une alchimie musicale quasi
parfaite. Francisco le rouge
>>L'Oeil
Electrique
Las de la scène texane, Sean Donovan, Aurelio
Valle et Wayne Magruder ont la riche idée de s'installer à New York
pour y former un nouveau groupe : Calla. En 1999, ils sortent leur
premier album, un magma de bruits et de sons au milieu duquel prennent
naissance quelques morceaux. Un coup de maître qui ne sera pas sans
rappeler la très atmosphérique bande originale du film Dead Man.
L'année suivante, avec Scavengers, le trio développait davantage
le côté pop de sa musique, tout en laissant une place relativement
importante aux séquenceurs, appareils qu'ils utilisent pour envelopper
leurs compositions de sons organiques au fort pouvoir évocateur.
Sur Televise, le dernier album, Calla travaille toujours et encore
de la même façon : la voix susurrée et plaintive d'Aurelio Valle
alternant avec sa guitare tranchante, sur fond de basse-batterie-samples.
Et évidemment, ça fonctionne à merveille : la descente dans leur
univers sombre et torturé se fait sans heurts, par une succession
de ballades maladives entrecoupées, ça et là, d'envolées splendides.
Sur ce disque aussi, un nouvel aspect du groupe : quelques morceaux
plus rock, comme pour souligner le changement de production, avec
des instruments plus nets, plus forts, face aux samples qui se trouvent
parfois relégués au second plan. Romain
Guillou
>>Liability
Encore des new-yorkais ! diront certains. Et ça
n'est pas fini Longwave reste à venir. Mais il ne s'agit pas là
d'un énième resucé de The Strokes. Non. Si vous voulez comparer
Calla il vous faudra plutôt aller chercher du coté de The Walkmen,
(peut-être à cause de ce son de batterie qu'on croirait enregistrée
dans une cave humide et crade) le coté cold wave en moins - encore
que quelques programmations discrètes viennent parfois donner une
touche "électro" (cf. l'intro de "monument") - Les morceaux sont
assez lents ou mid-tempos (pour les rock'n'rolliens "strangler"
et "televised"), souvent soutenus par une basse envahissante, envoûtante
et littéralement poisseuse ("don't hold your breath", "astral"),
mais parsemés de sursauts électriques à la limite du noisy. A noter
quelques interventions extérieures comme des percussions, quelques
notes de piano sur "surface scratch" ou du violon sur "as quick
as it comes". Les mélodies ne vous restent, il est vrai, pas en
tête pendant des heures mais sont néanmoins excellemment troussées
et procure leur lot d'émotions à l'écoute attentive. Le résultat
est tout bonnement fascinant et ne quitte la platine qu'en de rares
occasions.
>>Foutraque
- www.foutraque.com
Depuis 1997, les trois New-Yorkais Aurelio Valle
(chant, guitare), Wayne B. Magruder (batterie, percussions, programmation)
et Sean Donovan (basse, claviers, programmation) défrichent de nébuleux
territoires post rock au sein du groupe Calla. Leur nouvel album,
Televise, est un fascinant recueil de morceaux atmosphériques traversés
par un chant las, des guitares bruitistes et des mélodies pop. Il
est vraiment difficile de ne pas se laisser happer par ces compositions
où la pop, le post rock, le rock bruitiste et le psychédélisme se
télescopent. Avec des armes somme toute classiques (basse, guitare,
batterie et boucles), les trois Musiciens de Calla sont tout aussi
bien capables de composer de longues symphonies dissonantes (Televised)
que de petites pièces de pop/rock cabossée et lancinante (Strangler).
La musique de Calla est une invitation aux rêves éveillés se transformant
en cauchemars soniques. Un groupe à découvrir de toute urgence !
Pierre Andrieu
Précédemment:
>>Blending the pillowy noise of My Bloody
Valentine with the guttural digressions of Nick Cave, Calla is leading
the race for the title of the American Radiohead
- From The Gear 100 Most Exciting People, Places
and Things on the Planet:Gear Magazine
(Jan/Feb 02)
>>So what makes these ridiculously depressive
U2-covering no-engergy Texas-born Brooklyn art-geeks and Michael
Gira associates, who look and sound like they're falling asleep
to the stupid Nick Cave records they were raised on, tolerable?
No dude, it's not that they're "rilly intense". More likely it's
that they've got melodies. Plus the singing and Kraut-spaghetti
effects suggest a VW repairman left to die alone at high noon in
the Mexican desert, perhaps ? - From Village
Voice (June 19, 2001)
>>transcendent - Mike Wolf / Time
Out New York, pick of the week (May 18, 2001)
>>Beneath its faint ghost melodies and woozily
chugging rhythms lies a kind of soft heartache that alternates between
states of grace and desperation. Minimalist yearning never sounded
so good. - Colin Helms / CMJ New Music
Report, Issue: 703 (Feb 26, 2001)
>>#1 Band You Need To Know in 2001 - Todd
Hutlock /Alternative Press (March 2001)
Libération;
2000 la seléction de la rédaction: B. Bayon:
Calla "Scavengers" - Herman Düne "Turn
Off The Light 0-1" - Swell "Feed"
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